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Essais courts / Dodge Charger Six Pack Scat Pack (2026) : Les protéines plutot que le muscle ?

Rédigé par Frédéric Kevers le

Dodge effectue son retour en Europe avec la Charger sous toutes ses formes : berline, coupé, électrique ou thermique. L'occasion de redécouvrir une icône américaine passée par la case modernité ! Nous l'avons essayée en version thermique.

Inspirée par la deuxième génération apparue en 1968, la nouvelle Dodge Charger reprend plusieurs de ses codes visuels, mais rompt profondément avec elle sur le plan technique. La Charger de la fin des années 1960 est devenue l’une des muscle cars américaines les plus emblématiques, avant que le nom ne connaisse des trajectoires plus variées dans les décennies suivantes.

Relancée en 2005 sous la forme d’une berline, la Charger moderne a surtout marqué par la longévité de sa génération lancée en 2011, restée en production jusqu’à fin 2023. Restylée et régulièrement mise à jour, elle aura donc vécu près de treize ans, une durée exceptionnelle aujourd’hui, mais qui a aussi fini par trahir l’âge de sa base technique.

Remplacée en 2024, la nouvelle Charger passe à la plateforme STLA Large, abandonne les V8 HEMI et propose désormais soit une motorisation électrique, soit un six cylindres biturbo.

Le concept Dodge Charger Six Pack Scat Pack (2026)

Si la génération précédente différenciait encore la berline (Charger) du coupé (Challenger), la huitième itération du célèbre muscle car regroupe les deux carrosseries sous une seule appellation, Charger, plus emblématique. La voiture affiche des dimensions très... américaines avec 5,25 m de long pour 2,03 m de large et plus de 3 m d'empattement. Pourtant, au premier coup d'oeil, l'engon en semble absolument pas plus encombrant qu'une BMW Série 7 ou une Mercedes Classe S dans leur versions longues.

Le mérite en revient aux designers, sous la houlette de Greg Howell, qui sont parvenus à retranscrire les proprotions et l'esprit de la Charger de 1968 avec une silhouette tricorps classique, une ligne de toit basse et un prpfil élancé, sans tomber dans le rétro par facilité. Certes la version électrique s'offre un peu d'audace avec son nez creux qui crée un aérobridge très efficace sur le plan aérodynamique au niveau du capot. Une coquetterie que ne peut se permettre la version thermique en raison du six cylindres en ligne qui sommeille entre les roues avant. On comprend juste que la voiture est grande lorsque l'on se surprend à trouver les jantes un peu petites pour cette carrosserie... alors qu'elles mesurent 20 pouces !

Dodge Charger Six Pack Scat Pack (2026) : Les protéines plutot que le muscle ?

Dans l'habitacle, le bon en avant par rapport à la génération précédente est évident, mais les designers n'ont pas cédé à la mode des énormes écrans. Normal, on est chez Stellantis et il faut bien faire quelques économies d'échelle. On retrouve donc, notamment, la dalle de 16 pouces en paysage qui sévit aussi chez Opel ou Jeep dans les Grandland et Compass. Même topo pour l'instrumentation numérique. Toutefois, l'interface est propre à Dodge, tant par ses graphismes que sa structure, malheureusement toujours trop confuse. Quant à la réactivité du système... elle semble empruntée à la génération remplacée. Vous avez dit Stellantis ?

Sur le plan mécanique, Dodge laisse le choix entre motorisations thermique ou électrique mais impose la transmission intégrale de série. Pour le modèle "sur piles", la batterie annonce 100,5 kWh bruts (93,9 kWh nets) et deux moteurs - un par essieu - animent la voiture. Deux variantes - Daytona R/T et Daytona ScatPack - sont proposées avec 496 ou 630 ch, toutes deux bénéficiant d'un boost temporaire de 40 ch avec la fonction PowerShot. L'architecture en 400 V limite la recharge rapide à 183 kW.

Du côté de la Charger SixPack, on retrouve sous le capot le nouveau six cylindres en ligne Hurrricane déjà vu sous le capot du RAM 1500 notamment. Ici aussi deux variantes R/T et ScatPack sont disponibles avec 420 et 550 ch respectivement. Toutes deux sont plus performantes que leurs homologues à moteur V8 HEMI de la génération précédente.

Au volant Dodge Charger Six Pack Scat Pack (2026)

Si les pilotes d'essai de Dodge (ou plus précisément de Balocco, où était organisée cette prise en mains) nous ont démontré que la voiture peut effectivement drifter à la demande en version SixPack, capable d'envoyer toute la puissance sur les seules roues arrière - la Dayton peut juste couper le moteur avant et la puissance et le couple du moteur arrière sont un peu limités pour s'amuser au vu poids et de la monte pneumatique - non sans surchauffer assez rapidement, nous avons surtout pu prendre le volant nous-même sur route ouverte pour nous faire une première idée de ce que vaut réellement cette Charger de l'ère moderne.

Premier constat, les dimensions de la voiture - et sa masse conséquente - se font davantage sentir dedans que dehors. L'habitabilité n'a rien d'exceptionnel en soi mais s'avère très généreuse. L'encombrement se rappelle à vous sur routes étroites tandis que l'embompoint se fait sentir par la raideur des suspensions à basse vitesse. Une fois que le rythme s'accélère, le châssis gagne en cohérence, les mouvement de caisse sont certes présents mais maîtrisés et la santé du six en ligne ne fait assurément pas défaut.

Dodge Charger Six Pack Scat Pack (2026) : Les protéines plutot que le muscle ?

Las, les sensations de vitesse sont en grande partie estompées par la position de conduite trop haute et les commandes filtrées. Ce qui n'enlève rien aux compétences dynamiques de l'engin qui avale les grandes courbes rapides à des vitesses prohibées avec une déconcertante facilité. Merci à la combinaison d'un empattement très long et de voies très larges.

On regrettera toutefois l'étagement trop long de la boîte automatique à 8 rapports, son manque relatif de réactivité quand on se décide à augmenter le tempo et la sonorité trop artificielle du moteur qui se diffuse moins par les échappements qu'au travers du système audio. Notons également une pédale de freins à l'attaque franche, même si les décélérations trahissent les 2,2 tonnes de cette américaine compétente et performante, mais pas spécialement enthousiasmante. 

Donc Dodge Charger Six Pack Scat Pack (2026)

Cette Dodge Charger SixPack est digne de son label Muscle Car. Forte en esbrouffe, leste au démarrage et virulente à l'oreille, elle sait aussi se montrer rigoureuse, mais pas spécialement joueuse. Son biotope naturel se résume donc davantage aux lignes droites qu'aux routes de montagne étroites. Mais les progrès sont sensibles par rapport à la génération sortante à la technique anté-diluvienne. Toutefois, aussi performant et volontaire soit-il le six en ligne Hurricane ne peut souffler le souvenir émouvant du V8 HEMI bien plus chantant.

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