La Ferrari 12Cilindri Manuale en résumé
- Série limitée à 1.499 exemplaires sur base de la Ferrari 12Cilindri
- La technologie Manuale By-Wire combine levier et embrayage avec une boîte DCT à 8 rapports
- Le passage manuel des vitesses est possible sur six rapports et la marche arrière, avec un mode automatique toujours disponible
- V12 atmosphérique de 6,5 litres, 830 ch et 9.500 tr/min
- Détail piquant : Ferrari a été pionnier de la transmission F1 automatisée
1. Pas le retour de la boîte manuelle classique
La Ferrari 12Cilindri Manuale n’est pas une simple 12Cilindri équipée d’une ancienne boîte manuelle. Le moteur et la transmission restent globalement ceux de la voiture standard : un V12 atmosphérique à l’avant et une boîte DCT moderne à 8 rapports avec double embrayage. Ce qui change, c’est la commande.

Ferrari installe un levier de vitesses avec grille ouverte et une troisième pédale, mais ceux-ci ne sont pas reliés mécaniquement comme dans une boîte manuelle classique. Des capteurs lisent les mouvements du conducteur et commandent la transmission par voie électronique. À Maranello, on parle donc de « Manuale By-Wire » : la voiture imite les sensations et les gestes d’une boîte Ferrari manuelle, mais utilise l’électronique moderne pour faire fonctionner le tout avec une DCT.
2. Comment fonctionne le Manuale By-Wire
Le conducteur passe les rapports via un levier disposé selon un schéma classique en H. Ferrari utilise pour cela un module mécanique avec capteurs, points de verrouillage et résistance dans le levier. L’ensemble doit reproduire les efforts que l’on ressentait autrefois lors de la synchronisation et de l’engagement d’un rapport. Si l’embrayage n’est pas enfoncé ou si le conducteur choisit un rapport que le système n’autorise pas, le levier peut être bloqué mécaniquement.

L’embrayage fonctionne lui aussi en by-wire. La pédale mesure le mouvement du pied gauche et le traduit vers la commande hydraulique de l’embrayage de la DCT. Un changement de rapport bien synchronisé se veut fluide, tandis qu’un mauvais timing peut provoquer des à-coups, voire faire caler la voiture. Ferrari ne veut donc pas seulement ramener la forme d’une boîte manuelle, mais aussi une partie de la responsabilité du conducteur.
3. Six rapports, pas de palettes
Détail frappant : la 12Cilindri Manuale utilise les six premiers rapports et la marche arrière en mode manuel. La DCT compte bien huit rapports, mais la grille classique est volontairement limitée pour retrouver la sensation d’une boîte à six vitesses. Ferrari supprime également les palettes au volant. Le choix est clair : celui qui veut conduire en manuel doit utiliser le levier et la pédale d’embrayage.

Celui qui privilégie le confort peut passer en mode automatique. Cela fait de cette Ferrari une étrange solution intermédiaire, mais probablement plus adaptée à notre époque. Techniquement, elle est plus moderne que n’importe quelle ancienne Ferrari à boîte manuelle, mais dans son utilisation, elle cherche justement à remettre le rituel, le timing et l’implication au centre de l’expérience.
4. Le V12 reste au premier plan
La base est celle de la Ferrari 12Cilindri, avec un V12 atmosphérique de 6,5 litres. Il développe 830 ch, grimpe jusqu’à 9.500 tr/min et dépasse, selon Ferrari, les 340 km/h. Le 0 à 100 km/h demande environ 3 secondes. Ce moteur très haut dans les tours se prête bien à une expérience manuelle : ce V12 donne au conducteur bien plus de raisons de choisir lui-même le moment du passage de rapport qu’un moteur turbo plus linéaire, riche en couple à bas régime.

Cette série 12Cilindri est limitée à 1.499 exemplaires. Ce nombre renvoie, selon Ferrari, à la cylindrée de son premier douze-cylindres de 1947. La Manuale reçoit également des détails Tailor Made spécifiques, des badges propres, des jantes spéciales et des références aux Ferrari GT classiques.
5. Ironie historique
Le choix est historiquement intéressant, car Ferrari fait justement partie des marques qui ont le plus rapidement poussé la boîte manuelle classique vers la sortie. En Formule 1, Ferrari a introduit en 1989, avec la 640/F1-89, une transmission semi-automatique électrohydraulique à palettes, une technologie devenue par la suite la norme en compétition.

Sur la route aussi, Ferrari a été précurseur. La 355 F1 de 1997 est décrite par Ferrari elle-même comme la première GT avec commande de boîte au volant, une technologie directement issue de la Formule 1. La dernière Ferrari dotée d’une véritable boîte manuelle classique est généralement considérée comme la California, dont seuls très peu d’exemplaires manuels ont été produits. Pour une Ferrari V12 à boîte manuelle, c’est surtout vers la 599 GTB Fiorano que l’on se tourne.
