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Environnement / Particules fines émises surtout par les pneus

Rédigé par Olivier Duquesne le

Une étude de l’Ademe, un organisme français, montre qu’au niveau des particules « primaires », les véhicules thermiques neufs actuels ont des émissions de particules fines similaires à celles des électriques.

Sommaire :

L’Ademe, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie sous tutelle ministérielle en France, a publié une étude sur les émissions de particules fines. Leurs résultats montrent que plus de la moitié des particules fines émises par les véhicules récents ne proviennent plus de l’échappement. En effet, les filtres et les progrès sur les moteurs actuels à combustion interne ont réduit à tel point les émissions de particules fines qu’elles sont quasiment inexistantes. Elles sont nulles au niveau de la motorisation pour les voitures électriques, mais elles sont moins bonnes pour d’autres émissions de particules.

Pneus et freins

Les particules fines ne proviennent pas uniquement des résultats de la combustion évacués par l’échappement. Il y a aussi les poussières lors des frottements liés au freinage et l’usure des pneumatiques. Le freinage régénératif des voitures électriques préserve davantage les disques et plaquettes en réduisant les émissions lors des ralentissements. Toutefois, leur poids supérieur par rapport aux voitures thermiques les pénalise fortement au niveau des pneumatiques. Cette masse et l’obligation de pneus plus imposants augmentent également la remise en suspension des particules au sol.

  • 3% des PHE PM10 émises par un véhicule électrique proviennent du freinage, contre 25% pour un véhicule thermique.
  • 61% des PHE PM10 émises par un véhicule électrique proviennent des pneumatiques et de la chaussée, contre 47% pour un véhicule thermique
  • 36% des PHE PM10 émises par un véhicule électrique proviennent de la remise en suspension des particules, contre 28% pour un véhicule thermique

Ces chiffres concernent un véhicule actuel, avec une filtration telle pour les thermiques que les émissions de particules fines sont devenues négligeables à l’échappement.

Métaux

L’Ademe rappelle que les particules hors échappement sont de plusieurs types. Il y a des nanoparticules et des particules fines composées de carbone, d’éléments soufrés et de différents composés métalliques (Fe, Cu, Zn, Al, Ba). Leur teneur en cuivre, baryum, zinc et/ou fer sont susceptibles de provoquer des ennuis de santé aux personnes régulièrement exposées au trafic automobile. L’organisme préconise la création de normes pour la filtration des particules émises par le freinage. Il en est d’ailleurs question pour Euro 7v. Pour les pneus, l’Adame juge peu probable l’instauration d’une réglementation.

Chaussée

Une autre problématique soulevée par l’Ademe, c’est le revêtement. Une partie des particules émises est directement liée à la chaussée. Leur niveau d’abrasion va influer sur les émissions des pneumatiques lors du contact avec la route. De plus, l’eau ruisselant sur les zones asphaltées aboutit dans les égouts, les cours d’eau ou la nappe phréatique après avoir accumulé des microparticules de caoutchouc, de plastique, d’éléments métalliques, chlorés ou soufrés. Cette pollution peut également finir dans le sol lorsque les boues d’épuration sont utilisées comme fertilisants. Il faut donc veiller à utiliser des revêtements adaptés et à assainir l’écoulement et le ruissellement.

Solutions Ademe

L’agence française préconise malgré tout l’électrification du parc automobile et le développement des solutions de mobilité alternative. Elle rappelle que les véhicules thermiques rejettent des oxydes d’azote et des composés organiques volatils responsables d’émissions secondaires lors de certaines conditions atmosphériques, alors que les véhicules électriques n’en émettent aucun. Cependant, la voiture électrique ne suffit pas à réduire la pollution automobile si aucun effort n’est fait sur l’allégement des véhicules ainsi que sur le développement de l’écoconduite et des modes actifs…

Pas de stratégie monolithique

Néanmoins, cela démontre que la voiture électrique n’est pas la panacée. Et que la lutte contre la pollution automobile ne doit pas se focaliser sur les émissions à l’échappement. Elle est également liée à d’autres organes du véhicule, ainsi que sur la qualité des revêtements et aux moyens mis en œuvre pour récolter et épurer l’eau stagnant ou coulant sur les routes lors et après des précipitations. Le conducteur à énergie fossile ne doit pas forcément être pointé du doigt. La problématique est plus complexe à résoudre et demande des efforts de tous les acteurs : industrie automobile, autorités publiques et citoyens.

 

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