Une Twingo qui crée l’événement
Rarement une nouvelle voiture électrique aura suscité autant d’intérêt. Du côté des journalistes comme du public, cette Twingo E-Tech Electric intrigue et séduit. D'un point de vue "industriel", elle change la donne. Renault a revu sa méthode. Développée en seulement 100 semaines, la petite citadine adopte une approche inspirée de la Chine : aller vite, simplifier et réduire les coûts. Objectif clair : proposer une électrique accessible sans compromis majeur.

Conception mondiale
Le projet débute au Technocentre de Guyancourt, sur la plateforme RGEV Small, dérivée de la Renault 5 E-Tech. Pour contenir les coûts, certaines solutions techniques ont été simplifiées, notamment à l’arrière, en retirant la suspension multibras de la 5 pour la remplacer par un essieu de torsion repris au Captur.
La suite du développement se déroule à Shanghai, dans le centre ACDC (Ampere China Development Center) inauguré en 2024. C’est là que prennent forme la carrosserie, l’habitacle et la chaîne de traction. Le moteur de 82 ch et 175 Nm (nom de code: E2D23) est conçu par le fournisseur chinois Shanghai e-Drive, avant d’être assemblé en France, à Cléon.

Et bien sûr, la batterie, élément crucial qui représente toujours 30 % du coût d'une voiture électrique. La Twingo E-Tech Electric embarque un pack LFP de 27,5 kWh fourni par CATL. Actuellement produite en Chine, elle sera bientôt fabriquée en Europe, en Hongrie. Pas loin du troisème pôle du projet Twingo E-Tech Electric, le site d'assemblage de Novo Mesto (Slovénie).

De série, la citadine dispose d’un chargeur AC 6,6 kW (10 à 100 % en 4 h 05). Une option à 490 € ajoute un module AC 11 kW et une recharge rapide DC 50 kW. À noter aussi la présence d’une fonction V2L (option, avec chargeur rapide), permettant d’alimenter des appareils externes.
Légèreté et gamme simplifiée
Avec 1200 kg sur la balance, la Twingo fait partie des poids-plumes électriques, un avantage direct pour la consommation et l’agrément. Mais aussi en matière de coûts, étant donné que tout le matériel est calibré en fonction de contraintes moindres.
Légèreté aussi dans la gamme, avec seulement deux versions :
- Evolution (19.500 €)
- Techno (21.300 €)
La finition Techno ajoute notamment l’OpenR Link avec Google, le système audio Arkamys, la fonction One Pedal et la caméra de recul. De série les Twingo reposent sur des jantes de 16'' habillées d'enjoliveurs, les grandes roues de 18'' étant en option. Nous insistons: la version de base est déjà très correctement équipée et nous suffirait amplement.
Plus grande, mais fidèle à l’esprit
Avec 3,79 m de long, la Twingo grandit et s’élargit, tout en s’abaissant. Résultat : une allure trapue, sympathique mais pas frêle. Les grandes jantes de 18'' ajoutent plus de stature, mais le look reste toujours sympathique, même avec la teinte noire.
Les références à la Twingo d’origine sont évidentes, sans tomber dans le rétro forcé. On pensait que les deux portes supplémentaires froisseraient un peu le style, mais pas du tout, l'équilbre est présent.

À bord, l’espace est convaincant. Les grands gabarits trouvent leur place à l’avant, tandis que la banquette coulissante (et aux dossiers réglables en inclinaison) optimise l’espace arrière, même si la garde au toit reste limitée et parfois contraignante pour les grandes perches. Le coffre propose de 260 à 360 l, et jusqu’à 1010 l une fois les sièges rabattus.
Face à nous le tableau de bord est plus léger que celui des R4 et R5 (avec leurs gros blocs), mais les écrans renferment la même technologie, les mêmes assistants à la conduite, de série ou en option.
Au volant : douceur et équilibre
Premier contact sur les routes d’Ibiza avec un peu de conditions urbaines entre la vieille ville et San Antoni, et surtout une quantité de virages... et de dos d'âne... Et dès les premiers kilomètres, la Twingo séduit par son confort. Plus souple que la Renault 5, elle absorbe efficacement les irrégularités. En virage, tout sauf rigoureuse, elle reste saine, facile et prévenante.
Avec 82 ch, les performances restent modestes mais suffisantes en usage urbain et périurbain. En revanche, se lancer dans un dépassement en côte exige de bien calculer son coup. Et sur autoroute elle sera inévitablement moins à la fête.

La fonction One Pedal, réglable via des palettes au volant - un luxe dans le segment A - améliore nettement la conduite en ville, parce qu'elle fluidifie le rythme. Cela permet de ralentir efficacement sans toucher à la pédale de frein et aborder, par exemple, un rond-point le plus naturellement du monde. Sur la version de base, un simple mode B (brake, mais sans palettes) est proposé; c'est déjà ça.
Consommation : très bonne élève !
Renault annonce 12,2 kWh/100 km (homologation encore en cours). Concrètement, voici notre première expérience, à l’ordinateur de bord : après 94 kilomètres, notre batterie est à 57 % et il nous restait 152 km d’autonomie, tout cela à la moyenne de 11,6 kWh ! La topographie d’Ibiza varie légèrement et nous avons roulé plutôt cool, mais sans toujours respecter les limitations de vitesse.

Verdict: une électrique complète et séduisante
Comme souvent avec les petites électriques, on serait tenté de conclure par : « la même en thermique ! », or ce n’est pas vraiment le cas, on adhère tout à fait à la proposition. Preuve que la Twingo E-Tech Electric est simplement et rationnellement une citadine complète, efficace et sobre. À ce prix-là et avec cette bouille là, des particuliers seront tentés. On imagine mal autre chose qu’un début de carrière sur les chapeaux de roues.

Dans cet article : Renault, Renault Twingo
