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Premier essai / Porsche 911 GT3 : Retour aux racines

Porsche revient avec une 911 GT3 qui annonce toujours plus de puissance, de performances et l’efficacité. Et avec une singularité fondamentale : le retour de la boîte manuelle aux côtés de la PDK.

Prix
NC
  • Avis Rédaction 15.03/20

Sommaire :

Le Concept

Si on additionne tous les modèles depuis la 911 « 996 » de 1999, la GT3 est en à sa sixième génération. Un succès et une longévité que cette version doit évidemment au fait qu’elle met le pilotage à l’honneur. En clair, Porsche a su anticiper tôt la demande pressante des gentlemen drivers, lesquelles se réunissent de plus en plus souvent sur des pistes fermées pour se faire plaisir et peaufiner leurs techniques de pilotage. En 2013, la 911 « 991 » avait été décliné en GT3 et pour la première fois, elle abandonnait la boîte manuelle ne préférant plus que la PDK plus largement plébiscitée par la clientèle. Seulement voilà : de nombreux clients n’ont pas apprécié cette privation. Et c’est ce qui explique que Porsche opère un retour en arrière en proposant aujourd’hui la PDK ou la boîte manuelle à 6 rapports. De quoi combler puristes et évolutionnistes.

  • Plaisir de pilotage, utilisable sur la route
  • Rage du moteur
  • Retour de la boîte mécanique
  • Freins carbone-céramique en option
  • Visibilité vers l’AR (aileron)
  • Options manquantes

Ce qui change

Si la première GT3 de la phase 991 avait joué la carte de la révolution avec la PDK comme unique proposition et ses 4 roues directrices, la « 991 » phase 2 mise, elle, sur une évolution en douceur. Car elle pérennise tous les attributs de l’ancienne GT3 tout en peaufinant chacun des postes. Les progrès majeurs tiennent en tous cas dans le retour de la boîte manuelle ainsi que dans un flat 6 qui ne cube plus 3,8 litres, mais bien 4 litres. Le bloc est hérité de la 911 R et de l’ancienne GT3 RS, mais Porsche parle malgré tout de nouveau moteur car tout l’équipage mobile et les périphériques ont été retravaillés en profondeur, notamment pour réduire les pertes par friction. Parmi, les améliorations il faut retenir les fûts de cylindres enduits de plasma, les paliers d’arbre et de bielles du vilebrequin plus épais et la nouvelle pompe à huile qui fonctionne par effet centrifuge ce qui a permis de réduire sa puissance de 50%. Résultat : 500 ch (+ 25 ch) à 8250 tr/min et 460 Nm à 6000 tr/min (+ 20 Nm). De quoi encore améliorer les performances : 3,4 s pour le 0-100 km/h avec la boîte PDK et 3,9 s avec la boîte manuelle pour des vitesses maxi de respectivement 318 et 320 km/h. Par ailleurs, les nouvelles pièces de carrosserie permettent d’accroître la déportance sans dégrader le Cx (coefficient de pénétration dans l’air) grâce aux petites ailettes (air blade) placées dans le bouclier devant les roues avant, aux ailettes de guidage de l’air ménagées dans le carénage du plancher et à un aileron placé 2 cm plus haut que précédemment. De quoi offrir un appui de 155 kg à la vitesse de pointe, soit 20% de mieux.

Comment ça roule

Avec la nouvelle boîte manuelle, la 911 GT3 est incontestablement la sportive des puristes. Un peu comme l’était le Cayman GT4, disparu malheureusement de la vente. Il faut dire que la boîte « méca » allège la voiture de 17 kg et qu’elle propose comme sur les autres 911 une fonction automatique de double débrayage, histoire de pouvoir se concentrer pleinement sur les trajectoires. Bien évidemment, si on pouvait encore reprocher un léger manque de puissance au Cayman GT4, ce n’est pas le cas ici : avec ses 500 ch, la GT3 est une bombe et son 4 litres s’envole jusqu’à 9000 tr/min sans jamais accuser de coup de mou, le tout dans une sonorité elle aussi sans filtre qui fait se dresser les poils sur la peau. Certes, le boxer reste assez linéaire dans sa réponse, mais quelle allonge et surtout quelle réponse ! Impossible de ne pas se prendre au jeu, surtout sur une piste. Très vite, on se surprend à exploiter la totalité de la plage de régime. Un fait qui semble encore plus facile avec la boîte manuelle qui communique davantage que la PDK.

On ne s’y attendait pas, mais c’est bien avec cette version manuelle que l’on prend le plus de plaisir, car la voiture se fait aussi plus tranchante aux limites, plus vive, plus anguleuse. L’autobloquant mécanique et ses hauts taux de blocage (30/37%) n’y sont sans doute pas étrangers. Bref, voilà une sportive qui vit. Et de l’avis général un peu plus encore que le modèle à boîte PDK qui se caractérise par plus de rondeur. La boîte mécanique est tout simplement savoureuse. Et elle est teintée de justesse, ses commandes (embrayage, sélecteur) étant parfaitement calibrées. Toujours sur piste – son vrai élément – la GT3 est une école de pilotage à elle toute seule. Certes, elle est plus pointue que le Cayman GT4, mais elle ne se montre pas piégeuse pour autant malgré son architecture moteur en sac à dos : elle communique parfaitement ses intentions et répond brillamment à tous les gestes de pilotage tandis que les roues directrices (toujours présentes) offrent agilité et stabilité en courbe sans jamais refuser les glissades désirées. Quelle maîtrise et quelle efficacité, sachant évidemment qu’elle pardonnera aussi moins qu’une 911 Turbo aidée de ses 4 roues motrices pour la tirer (dans tous les sens du terme) des mauvais pas. Et en même temps, la GT3 est aussi plus stable, donc moins mobile que cette Turbo, preuve de son efficacité.

Budget/équipement

156.670,80 € : voilà ce que coûte une GT3. C’est cher et nettement plus qu’un Cayman GT4 de l’époque (± 90.000 €). Mais c’est le prix à payer pour une voiture hors norme, une vraie pistarde qui vous file la banane comme jamais et ce malgré ses carences, comme des freins carbone-céramique relégués au rang d’option (10.043 €) et l’absence de capteurs de parking ou de caméra de recul.

Les concurrentes

Pour trouver un tel plaisir de conduite et un tel sens du pilotage, il faudra se tourner vers McLaren et la 570S certes plus chère (188.000 €), mais dotée des freins en carbone de série. Ou alors vers la M4 GTS. Mais ce sera en occasion, tous les modèles ayant été vendus.

Verdict

On la connaît depuis 18 ans, mais la 911 GT3 surprend toujours par sa cohérence, la fidélité de ses réponses aux gestes du pilotage tout comme son efficacité et ses performances systématiquement en hausse d’une génération à l’autre. C’est définitivement la Porsche du plus extrême plaisir – la GT2 étant nettement moins conciliante. Un plaisir doublé par la nouvelle offre de transmission qui réconciliera deux générations de pilotes : ceux de l’ancienne école et celle des « presse-boutons ».

Dans cet article : Porsche, Porsche 911

Rédigé par le