Rolls-Royce formalise le coachbuilding
Rolls-Royce franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de l’ultra-luxe avec le lancement de la Coachbuild Collection, un programme structuré autour de créations automobiles uniques et d’un parcours client sur plusieurs années.
Toutefois, le concept se différencie des précédents projets isolés comme les Rolls-Royce Sweptail ou Boat Tail. En effet, cette collection introduit une approche plus formalisée du coachbuilding (fabrication sur mesure) : chaque modèle est conçu, développé et réalisé en interne, sans vocation à être reproduit. L’accès se fait uniquement sur invitation, via le réseau Private Office de la marque, et s’adresse à une clientèle déjà familière de cet univers.
Project Nightingale : première réalisation
Premier chapitre de cette collection, Project Nightingale incarne cette philosophie. Il s’agit d’un modèle coachbuild à part entière, conçu comme une œuvre autonome, tant sur le plan stylistique que technique.
Chaque exemplaire repose sur une carrosserie entièrement spécifique et donc parfaitement unique, réalisée à la main par les artisans de Goodwood. L’objectif n’est pas la série, mais la singularité : chaque véhicule doit intégrer des solutions, des formes et des matériaux qui ne seront jamais reproduits ailleurs dans la gamme.

Dans le cas présent, le Project Nightingale se différencie des Rolls-royce déjà connues avec une face avant caractérisée par une signature lumineuse verticale d’une grande finesse, un bouclier avant très sobre et des ailes antérieures au bord d’attaque géométrique.
Inspirée de deux modèles expérimentaux des années 1920, repris sus l’appellation 16EX et 17EX et arborant un badge rouge, cette Rolls-Royce unique présente une proue effilée tout en intégrant parfaitement les deux bossages qui fluidifient la ligne dans le prolongement des appuie-têtes de ce roadster – il n’y a que deux places – aux dimensions superlatives : 5,76 m de long !
Exclusivité silencieuse
Sur le plan technique, Rolls-Royce reste peu disert mais la Project Nightingale devrait reprendre le groupe motopropulseur électrique de la Spectre. On retrouvera donc une transmission intégarle (deux moteurs) avec une puissance de l’ordre de 600 à 650 ch, alimentée par une batterie de 102 kWh pour une autonomie WLTP de l’ordre de 400 à 450 km.

Les jantes de 24 pouces minimisent le gigantisme de la carrosserie tandis que l’empattement devrait être similaire à celui d’une Phantom « courte ». Les performances seront proches du coupé électrique de la marque avec une vitesse de pointe largement supérieure à 200 km/h et un 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes… en toute décontraction et dans le plus grand silence !
Une expérience indissociable de l’objet
Au-delà de l’automobile, Rolls-Royce met en avant un programme expérientiel étroitement lié à la création du véhicule. Les clients sont invités à suivre les différentes étapes du développement, à accéder aux studios de design et aux ateliers, et à participer à des événements exclusifs dans des lieux choisis pour leur lien avec le projet.
Cette approche traduit une évolution du rôle du constructeur, qui ne se limite plus à la fabrication d’un objet mais propose un récit complet, où la conception et l’usage deviennent indissociables.
Une nouvelle définition de l’ultra-luxe
Avec la Coachbuild Collection, Rolls-Royce ne cherche pas à augmenter ses volumes, mais à renforcer son positionnement au sommet de la hiérarchie automobile.
Project Nightingale s’inscrit dans cette logique : une production extrêmement limitée, une conception sans contrainte industrielle et une relation client repensée autour de l’exclusivité.

Reste à voir si cette formalisation du coachbuilding marquera une nouvelle norme dans le très haut de gamme… ou si elle restera l’apanage d’un cercle toujours plus restreint de collectionneurs de Rolls-Royce puisque le constructeur britannique limitera l’accès à la Coachbuild Collection à 100 clients triés sur le volet, avec des livraisons qui débuteront en 2028.