Chez BYD, la croissance n’empêche plus le couteau. Alors que le constructeur chinois continue d’empiler les volumes, d’étendre son emprise et de bousculer l’ordre établi, son effectif est passé de 968.900 à 869.600 salariés fin 2025. Soit 99.300 personnes de moins en un an, l’équivalent d’un recul de 10,25 %. Le chiffre figure dans les données relayées à partir du rapport annuel 2025 publié sur le portail investisseurs de BYD.
Il faut toutefois rester précis sur les mots. À ce stade, aucune communication officielle de BYD ne présente cette évolution comme un “plan de suppression de 100.000 emplois” au sens spectaculaire que l’expression peut suggérer en Europe. Les commentaires disponibles l’interprètent plutôt comme le résultat d’une rationalisation: restructuration interne, gains de productivité, automatisation accrue et discipline renforcée sur les coûts.
Et c’est sans doute là que se niche la véritable information. BYD ne taille pas dans ses effectifs parce qu’il vacille; il le ferait parce qu’il veut tenir plus solidement encore. La nuance est essentielle. Le groupe reste l’un des mastodontes de l’électrification mondiale, mais dans un marché chinois laminé par la guerre des prix, la taille ne suffit plus. Il faut produire beaucoup, vite, bien, et surtout moins cher que le voisin. L’avantage technologique ne vaut que s’il débouche sur une efficacité industrielle impitoyable.
Cette baisse des effectifs raconte donc moins un accident qu’un changement d’époque. L’électrique était censée inaugurer une nouvelle prospérité industrielle; elle impose déjà sa sélection naturelle. Les constructeurs qui survivront ne seront pas seulement ceux qui sauront vendre des batteries sur roues, mais ceux qui sauront transformer leur usine en machine de guerre. Chez BYD, le message est limpide: l’expansion continue, mais la graisse superflue n’a plus droit de cité.