L’air de rien il s’agit d’un événement dans le monde des vans : après 20 ans – car qui se souvient encore du Kia Pregio ? - le constructeur coréen revient dans le segment par la grande porte, avec un premier modèle 100% électrique qui, d’entrée de jeu, décroche le titre de Van de l’année. Car l’engin est attirant, très bien équipé et sobre en ions. Nous le découvrons dans sa version L2H1 à grosse batterie…

Esthétiquement dans le coup
Le premier atout du PV 5, c’est son look. Entre formes cubiques simples et futurisme dans les détails, l’harmonie est réussie et plutôt originale. Sa face avant est très marquée par ses phares LED façon « carte des étoiles ». Son museau aplati, qui n'est pas sans rappeler un bouledogue, lui donne un côté sympa. Cette face avant assez verticale évoque, sous certains angles, les vans américains. Ses grandes surfaces vitrées lui apportent de la légèreté. L’engin s’étire sur 4,695 m et son empattement atteint 2,995 m. Il est bien posé sur des (petites) roues de 16’’ coiffées d’enjoliveurs profilés.
Esthétiquement réussi, il est aussi bien pensé. Par exemple, son grand bouclier avant en trois parties, de sorte à ne pas tout remplacer en cas d’accrochage (et donc réduire les coûts de réparation).
Techniquement le PV5 repose sur la nouvelle plateforme E-GMP.S (de type Skateboard et "traction") qui renferme le moteur de 163 ch et 250 Nm de couple et la batterie de 71,2 kWh. Une version d’entrée de gamme se contente de 120 ch et 52,5 kWh. Pour les fournisseur, c’est BorgWarner qui s’occupe du moteur et CATL de la batterie. Ces dernières referment une chimie NMC, mais plus tard un module encore plus petit (43 kWh) intègrera la technologie LFP. Dans les deux cas la vitesse maximale est limitée à 135 km/h. L’accélération est suffisante (0 à 100 km/h en 12,4 secondes) et certainement beaucoup plus vive que la plupart des fourgonnettes thermiques… que vous déposerez au feu vert.
À bord : comme un monovolume
Dans l’habitacle, l’ambiance rappelle celle des monovolumes familiaux. C’est moderne et fignolé. Et l’équipement est très complet. Certes, tout est en plastique foncé, mais l’agencement est soigné. Écran central de 12,9’’, sièges et volant chauffants, ports USB-C rétroéclairés, tableau de bord numérique, chargeur à induction, caméra 360°…
Accordons un bon point pour les rangements : boîte à gant de type bac coulissant à la base de la console centrale, autre boîte à gant au sommet du tableau de bord, sans oublier une boîte à gant classique. Et puis des cavités (avec couvercle) aménagées dans le plancher. On apprécie les petit détails, comme la fente à gauche du volant, pour caser un ticket de parking ou une carte carburant et des emplacements pour smartphone.
Depuis l’intérieur, les grandes surfaces vitrées nous surprennent encore plus : nos genoux sont à la vue des passants ! En tout cas cela apporte une grande clarté à l’habitacle, tout en facilitant la reconnaissance visuelle des à-côtés, lorsque l’on manœuvre.
On accède à l’espace de chargement de façon classique : une (ou deux, selon version) porte latérale coulissante et deux battantes arrière. Un double éclairage LED illumine bien toute la zone et 8 crochets d’ancrage arriment tout ce que vous souhaitez. Dans notre version L2H1, le volume disponible atteint 4,4 m3. C’est un peu bas de plafond (1520 mm), mais on apprécie le seuil de chargement très bas (419 mm à l’arrière, et même 399 mm à hauteur de la porte latérale !) pour charger aisément – comme dans notre exemple – une petite moto. Pour cela, Kia a positionné la batterie très en avant, et non pas sur toute la longueur. Pour les pros qui envisageraient le Kia, ajoutons que, mètre en main, la surface mesure 2255 mm de long sur 1330 de large entre les arches de roues, et 1565 mm partout ailleurs. Pour ce qui concerne le poids, la charge utile maximale est limitée à 690 kg dans le cas de notre 71,2 kWh, mais gardez à l’esprit que la version petite batterie (51,5 kWh) peut embarquer un gros quintal en plus (790 kg). Nous avons roulé à vide et avec une charge limitée (110 kg, notre petite moto), sans impact sur la consommation.

Conduite et performances : agile et silencieux
Au fil des jours nous apprécions deux qualités marquantes du Kia : son amortissement souple (même à vide) et une insonorisation excellente, même sur autoroute à 110-120 km/h.
Au quotidien, le PV 5 Cargo est très agréable à conduire, aucune gêne ni de contraintes liées à sa nature utilitaire. Au contraire, Kia l’a voulu aussi proche que possible d’une automobile conventionnelle. Son rayon de braquage de 5,5 m est parfait, d’autant que le PV5 n’est pas très grand (4,70 m) et que les caméras 360° assurent des manœuvres au centimètre près. Cela dit, on confirme ce que notre collègue Frédéric pointait lors des premiers essais de la version Passenger : le double pilier A (pare-brise) peut parfois gêner dans les virages serrés et aveugles, notamment. Mais c’est peu de chose par rapport à l’excellent comportement général.
Consommation et autonomie
Lorsque nous démarrons le matin, batterie pleine, l’ordinateur de bord indique 424 km et nous n’avons pas été très loin de reproduire cette autonomie… en environnement urbain (deuxième semaine de janvier, thermomètre entre 8 et 11°).

La moyenne générale s’est stabilisée à 17,5 kWh, ce qui est très bon. La gestion thermique est efficace et le PV 5 fend proprement l’air sur les grands axes. À la borne, le PV5 digère 150 kW max en charge rapide, annonçant une récupération de 10 à 80% en 30 minutes, dans la norme. En recharge AC, on est pour l’instant limité à du 11 kW, mais un module 22 kW est prévu, pour bientôt.
Combien? il débuter à 32.250 € HT
À l’achat, un PV 5 Cargo vous coûtera entre 32.250 € en version Essential petite batterie et 3 portes, à 39.020 € en version Elite, grande batterie et 4 portes, des prix hors TVA puisqu’il s’adresse à des indépendants et entreprises. Entre Essential et Elite, la version Plus est intéressante puisqu’elle comprend la pompe à chaleur et la vision panoramique 360°, entre autres. Dans l’absolu cela reste des sommes conséquentes, mais le placement, par rapport à la concurrence, est intéressant. Et le PV5 jouit de la garantie de 7 ans 150.000 km sur l’ensemble du fourgon, portée à 8 ans et 160.000 km pour ce qui est de la batterie.
Verdict
Kia réussit une entrée quasi parfaite sur le marché des vans électriques. Moderne, agréable à conduire et bien pensé, le PV5 bénéficie en plus d’un fort effet « fraîcheur & nouveauté » face aux acteurs historiques. D’autres déclinaisons arrivent, pour combler les besoins spécifiques. Reste désormais au client de trancher… mais le coréen a clairement marqué les esprits.