Au sein du Groupe Volkswagen, Skoda est assurément la maqrue qui a le vent en poupe depuis une dizaine d'années, quand Volkswagen et Audi peinent à se renouveler, que Seat périclite - pas autant que prévu - et que Cupra doit encore trouver sa place. Le constructeur tchèque a haussé son niveau de jeu - et ses prix - et réitère son succès avec ses premiers modèles électriques, les Skoda Enyaq et Elroq. Deux SUV qui s'érigent en équivalent à piles des Kodia et Karoq. Il était donc logique, et attendu, que le Kamiq ait lui aussi son "jumeau" électrique : ce sera le Skoda Epiq. Une appellation audacieuse qui attend confirmation sur le route et dans les bilans commerciaux. Nous avons pu le découvrir - dans un cadre très restrictif - en avant-première.
Concept Skoda Epiq (2026 - Protoype)
En termes de design, les exemplaires proposés aux journalistes étaient encore camouflés à l'extérieur et masqués à l'intérieur pour ce qui relève du tableau de bord ou de l'interface de l'écran central. Nous avons cependant pu le découvrir débarrassé de tout ce maquillage et pouvons vous confirmer quil reste fidèle au concept exposé au dernier Salon de l'Auto de Bruxelles, mais avec une dose de "réalisme" en plus. Les dimensions le placent clairement dans le segment B avec une longueur de 4171 mm pour 1798 mm de large et 1620 mm de haut.
Dans l'habitacle, l'espace dévolu aux passagers s'avère dans la norme pour un SUV électrique de ce segment nanti d'un empattement de 2601 mm, certains concurrents étant même un peu plus généreux pour les occupants de la banquette. Même constat pour le volume de coffre, annoncé à 475 l (avec le rangement sous le plancher réglable, mais qui sera réduit si vous optez pour l'installation audio Harman Kardon) banquette en place, porté à 1344 l une fois cette dernière rabattue. Un volume qui nous a semblé optimiste mais qui jouit cependant de formes régulières et facilement exploitables tandis que les petites astuces "Simply Clever" restent de mise : parapluie dans la portière, grattoir à givre dans le hayon, etc.

Sur le plan mécanique, le Skoda Epiq reprend la plateforme MEB+ inaugurée par les Volkswagen ID. Polo et Cupra Raval (les essais sont à lire ici et là). dérivée de la MEB des ID.3, Enyaq et consorts, elle conserve une architecture électrique en 400 V mais passe de la propulsion à la traction alors qu'aucune déclinaison à deux moteurs et quatre roues motrices n'est prévue.
Trois versions seront proposées :
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- Skoda Epiq 35 :
Batterie LFP de 37 kWh utiles - 85 kW/116 ch et 267 Nm - Recharge AC 11 kW/DC 50 kW - Skoda Epiq 40 :
Batterie LFP de 37 kWh utiles - 99 kW/135 ch et 267 Nm - Recharge AC 11 kW/DC 90 kW - Skoda Epiq 55 :
Batterie NMC de 51,7 kWh utiles - 155 kW/211 ch et 290 Nm - Recharge AC 11 kW/DC 125 kW
- Skoda Epiq 35 :
Skoda annonce une autonomie WLTP de respectivement 315 km pour les versions 35 et 40 et 430 km pour l'Epiq 55. Cette dernière profite de performances sensiblement plus convaincantes avec un 0 à 100 km/h réalisé en 7,4 s contre 9,8 s pour la 40 et 11 s pour la 35. Ces deux dernières se contentent d'une vitesse de pointe de 150 km/h contre 160 km/h pour la plus performante.
Au volant Skoda Epiq (2026 - Protoype)
Cette première prise en mains fut assez frustrante. Non seulement les Skoda Epiq mis à notre disposition étaient lourdement camouflés et voyaient leur écran central de 13'' obstrué - nous laissant le seul tableau de bord digital de 5,3'' pour disposer des indications de conduite basiques - mais le parcours limité à 25 km pour deux journalistes par voiture s'effectuait en convoi strictement régulé sur un itinéraire principalement urbain avec une courte portion sur un grand axe. Un contexte contraignant mais pas inintéressant pour autant.

Premier constat, ce Skoda Epiq offre un confort feutré mais pas ouaté "à la Citroën" tout en distillant un maintien de caisse intéressant. Précisons que notre monture était équipée de jantes de 16'' chaussée de pneus à flanc haut. Nul doute que la finition Sportline avec ses gamelles de 20 pouces habillées de papier à cigarette offrira un ressenti différent. La direction nous a semblé correctement démultiplié pour l'usage plus urbain auquel l'Epiq est destiné. Totalement isolée de la route, elle n'offre aucun retour d'information probant mais commande un train avant dont la motricité nous a semblé plutôt efficace. Ce qui n'est pas toujours le cas avec une traction électrique dont la répartition des masses est moins propice au roues antérieures motrices. Le confort se complète d'une insonorisation de bon niveau, bien que les bruits de roulement nous aient semblé assez présents quoique "lointains". Même constat pour les bruits aérodynamiques qui tiennent davantage du souffle que du sifflement. Mais les vitesses limitées de notre essai ne permettent pas un jugement définitif à ce sujet.
Ce qui nous a davantage séduit, c'est le niveau de régénération. Le module de transmission, commun à tous les modèles MEB et MEB+, permet de choisir entre la position D ou B. Lorsque le premier est sélectionné, l'efficacité de la roue libre est surprenante, se rapprochant de ce qu'a réalisé Mercedes avec la nouvelle CLA. C'est un compliment ! Sur le mode B, la conduite One Pedal devient enfin possible. C'est nouveau et bienvenu. Mais pas adapté à toutes les situations de roulage. Et l'ingénieur qui nous accompagnait - nous étions quatre à bord - d'expliquer qu'il sera possible de moduler ce niveau de régénération via les menus de l'écran central en fonction du mode de conduite sélectionné. Intéressant mais nous n'avons pu le vérifier, faute d'accès auxdits menus. Au moins cet essai nous a-t-il confirmé que Skoda - et le groupe Volkswagen - avait entendu les attentes des clients sur ce point. C'est déjà ça.
Verdict Skoda Epiq (2026 - Protoype)
Les conditions de cet essai étaient bien trop restrictives pour émettre un avis définitif. Mais quelques enseignements intéressants en découlent. Ce Skoda Epiq a une bonne bouille et propose un habitacle bien pensé et bien fini mais qui n'est pas le plus spacieux de la catégorie. La cohérence de la gamme proposée pose question, mais attendons de voir quels modèles seront proposés sur notre marché.
Enfin, sur le plan de la conduite à proprement parler, ce petit SUV électrique reste conforme aux canons tchèques avec un confort ferme mais feutré, des commandes neutres et une conduite sans grand défaut apparent, mais sans grande saveur évidente.