Plus proche de l’E-Transit Custom
Sur le papier, Ford justifie ce nouveau venu par une logique simple : couvrir chaque usage avec un gabarit parfaitement adapté. Le Transit City se positionne ainsi entre l’E-Transit Courier et l’E-Transit Custom, comblant un vide laissé par l’absence de Connect électrique.

Mais à la lecture de la fiche technique, difficile de ne pas tiquer : les similitudes avec l’E-Transit Custom sont nombreuses. Dimensions, prestations, philosophie… la frontière semble parfois ténue :
| Ford E-Transit Custom L1H1 | Ford Transit City L1H1 | |
| Longueur (mm) | 5050 | 4985 |
| Largeur (sans rétros, mm) | 2032 | 1885 |
| Hauteur (mm) | 1960 | 1999 |
| Empattement (mm) | 3100 | 3060 |
| Volume de chargement (m3) | 5,8 | 6,4 |
| Charge utile max. (kg) | 950*1000 | 1085 |
| Poids | n.c. | n.c. |

En réalité, la logique est ailleurs. Ford ne cherche pas à réinventer son van moyen, mais en proposer une lecture plus pragmatique : un utilitaire électrique recentré sur la ville, débarrassé du superflu. Moins sophistiqué, donc plus accessible. Et, en filigrane, un outil supplémentaire pour atteindre plus sereinement les objectifs CO₂ à l’horizon 2030.
Pour marquer cette différence, le constructeur soigne le style. Le Transit City revendique une filiation assumée avec le Transit Mark III des années 80. Une touche presque rétro, sans excès, mais qui lui donne une personnalité sympathique.
Le partenaire chinois
En automobile comme en utilitaires, une tendance de fond s’installe. L’industrie automobile européenne regarde de plus en plus vers la Chine pour accélérer ses développements : cycles plus courts, expertise électrique avancée, coûts maîtrisés. Le Transit City, assemblé en Chine, s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Volkswagen aujourd’hui, Renault demain, Mazda hier, Ford Pro noue des liens extérieurs depuis bien longtemps. Et notamment – on le sait moins – avec Jiangling Motors Corporation Group (basé à Nanchang) depuis plus de trente ans, spécialisé dans les utilitaires légers. Ce partenaire chinois « livre » la base technique du Transit City. Le constructeur à l’ovale bleu insiste toutefois sur un point : il ne s’agit pas d’un simple rebadgeage. Le cahier des charges — design, équipements, capacités — a été défini en Europe avec précision.

Une électrification “juste ce qu’il faut”
Plutôt que de céder à la course à l’autonomie, Ford fait ici un choix assumé : celui de la juste mesure. Le Transit City embarque une batterie LFP de 56 kWh et un moteur de 110 kW entraînant les roues avant. L’autonomie annoncée — 254 km — pourra sembler modeste sur le papier. Mais Ford avance des données d’usage : 90 % des professionnels urbains parcourent entre 110 et 120 km par jour. Autrement dit, inutile d’embarquer plus lourd, plus cher, pour un bénéfice marginal. Une approche rationnelle qui permet de contenir coûts et masse.
Côté recharge, le modèle reste dans les standards actuels :
- 10 à 80 % en 33 minutes en charge rapide (67 kWh de moyenne, pas d’autre chiffre)
- Environ 4h30 en AC (11 kW)
Trois silhouettes, dont l’inédit châssis-cabine
Le Transit City se décline en trois variantes bien ciblées :
- L1H1 : version compacte, idéale pour les centres urbains
- L2H2 : capacité accrue avec jusqu’à 8,5 m³ de volume utile
- Châssis-cabine : base destinée aux transformations professionnelles et une première pour Ford dans le segment des LCV 1 tonne. Plateau à ridelles pour la construction ou caisson de transport frigorifique, les possibilités sont très larges.

Côté capacité, le modèle assure :
- jusqu’à 1.275 kg de charge utile pour les fourgons
- jusqu’à 1.600 kg pour le châssis-cabine
- longueur de chargement supérieure à 3 m en version longue

Il ne devrait pas exister d’autres versions moteur et batterie et un seul niveau d’équipement, sans option sera proposé. Et trois places pour tous. Malgré ce positionnement assez « grippe-sous », le Transit City ne manque de rien :
- écran tactile 12’’ compatible Apple CarPlay et Android Auto
- démarrage sans clé
- siège conducteur chauffant
- caméra de recul et aides à la conduite

Prix entre Courier et Custom
Reste l’équation clé : le prix. Ford Belgique affine encore sa copie, mais promet un positionnement « entre Courier et Custom ». C’est évidemment là que tout se joue. Car le Transit City marche sur une ligne fine : suffisamment attractif pour séduire de nouveaux clients, sans cannibaliser l’E-Transit Custom.
Face à un Custom Diesel, Ford avance jusqu’à 40 % de réduction des coûts d’entretien, avec des intervalles fixés à 40.000 km ou deux ans. La batterie est garantie 8 ans ou 160.000 km — un argument devenu incontournable pour les professionnels.

Le nouveau pilier de Ford Pro ?
Sur le fond, le Transit City coche beaucoup de cases… peut-être même un peu trop, au point de venir troubler la hiérarchie interne. L’E-Transit Custom serait-il menacé ? Pas d’inquiétudes : son succès en PHEV et Diesel lui assure encore une belle carrière. Le Transit City, 100% électrique, semble mieux aligné sur la réalité du marché. Celle des artisans, livreurs, mais aussi des grandes flottes (acteurs de l’e-commerce) ; bref : tous ceux pour qui l’électrification doit d’abord être accessible et rentable.