À l’instar de Tesla en son temps avec les Model S et X, Lucid Motors s’est d’abord construit une crédibilité technique avec les Air et Gravity. Mais la démonstration ne suffit pas à assurer la rentabilité. Dès lors, les Américains passent à la vitesse supérieure. En 2026, la marque étendra sa présence européenne de 4 à 11 marchés, avec notamment l’arrivée en Belgique, mais aussi en France, en Espagne, en Italie ou en Autriche. Une expansion nécessaire… mais insuffisante sans une montée en volume.
Atlas : la clé industrielle de Lucid
Pour y parvenir, Lucid inaugure une nouvelle génération de groupe motopropulseur baptisée Atlas. Plus compact, plus léger et surtout plus efficient, ce système vise à conserver l’ADN technologique de la marque tout en réduisant drastiquement les coûts de production. Une évolution stratégique : là où la plateforme Zeus privilégiait la performance et la démonstration, Atlas introduit une logique industrielle, pensée pour être produite à grande échelle sans sacrifier le rendement énergétique.

Cosmos et Earth : le passage au volume
C’est cette base technique qui donnera naissance aux Lucid Cosmos et Earth, deux SUV plus compacts que le Gravity. Objectif affiché : descendre sous la barre des 50.000 $ (environ 43.000 € au taux converti) et attaquer le cœur du marché. Partageant jusqu’à 95 % de leurs composants, les deux modèles se distingueront néanmoins par leur caractère. Le Cosmos jouera la carte d’un SUV dynamique et raffiné, tandis que l’Earth adoptera un positionnement plus robuste et polyvalent. Deux visages pour une même stratégie : élargir la clientèle sans diluer l’identité technologique.

Lunar : Lucid se projette au-delà de l’automobile
En parallèle, Lucid regarde déjà plus loin. Avec le Lunar, la marque entre dans l’univers du robotaxi. Ce véhicule autonome à deux places, développé en partenariat avec Uber et Nuro – spécialiste de la conduite autonome fondé par d’anciens ingénieurs de Waymo – incarne une rupture totale. Plus qu’une voiture, le Lunar devient un outil de mobilité, pensé pour optimiser le coût au kilomètre et s’intégrer dans des flottes autonomes. Ici aussi, Lucid semble faire écho aux ambitions de Tesla qui mise également sur les robotaxis pour l'avenir avec le Cybercab.

Avec Atlas, Cosmos, Earth et Lunar, Lucid ne se contente plus de prouver son savoir-faire. La marque amorce une mutation : passer du statut de vitrine technologique à celui d’acteur industriel capable de jouer dans la cour des grands.
Un objectif ambitieux mais impératif, à plus forte raison au regard des troubles qui touchent le Moyen-Orient actuellement. Non seulement parce que la voiture électrique pourrait connaître un nouvel essor en raison du coût en forte hausse des carburants fossiles. Mais également parce cette crise pourrait entamer la patience des investisseurs saoudiens, principaux actionnaires de Lucid Motors.