De l’autre côté de l’Atlantique, cela fait déjà un moment que l’on observe avec intérêt Dacia, cette marque franco-roumaine devenue championne des immatriculations — la Sandero en tête — et surtout experte dans l’art de concevoir des voitures intelligentes, où la robustesse prime sur le superflu. Une philosophie qui n’a rien d’exotique pour le public américain, particulièrement friand de véhicules simples, solides et efficaces, à commencer par les pick-ups.

Dans ce contexte, l’expansion vers les États-Unis n’a rien d’un hasard. Le groupe Renault affiche désormais des ambitions mondiales, et le marché américain représente un potentiel considérable… à condition de l’aborder avec les bons codes. Dacia semble l’avoir bien compris en préparant une offensive qui passe par un pick-up motorisé par un V6.
Bigster à benne
Le modèle choisi n’est autre que le Bigster, décliné ici en pick-up. Une évolution logique : Dacia possède déjà une expérience en la matière avec l’Oroch, dérivé utilitaire du Duster vendu en Amérique du Sud. Deux variantes seraient proposées : une King Cab à cabine allongée et une double cabine à quatre portes.

Côté mécanique, impossible de séduire les États-Unis avec un petit moteur à l’européenne. Renault Group aurait relu ses « vieux » contrats et réactivé ses liens avec Nissan pour exploiter une évolution modernisée du célèbre V6 VQ. Ce bloc en aluminium à 60°, réputé pour sa fiabilité et sa souplesse, a notamment animé la 350Z ou certaines Infiniti. Dans cette configuration, il atteindrait 3,5 litres de cylindrée pour plus de 300 ch sur le marché américain.

En 2.0 litres pour l’Europe
Plus inattendu : une déclinaison du Bigster pick-up serait également prévue pour l’Europe. Elle conserverait l’architecture V6 d’origine Nissan, mais dans une configuration plus compatible avec les contraintes locales, ramenée à une cylindrée d’environ 2,0 litres avec hybridation légère et 220 ch au total. Un clin d’œil à l’histoire, puisque cette mécanique a déjà été proposée sur notre continent, notamment sous le capot de la Nissan Maxima.
Avec une telle proposition, Dacia viendrait occuper un terrain laissé en friche : celui des amateurs de gros pick-ups américains — type RAM — aujourd’hui confrontés à une offre plus restreinte ou moins adaptée aux réalités européennes.

Dans un premier temps, la production du Bigster pick-up resterait localisée en Afrique du Nord. Mais à plus long terme, Dacia envisagerait une implantation industrielle aux États-Unis, notamment via une extension du site Nissan de Smyrna, dans le Tennessee.