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Coin de la rédaction / Rédacteurs sans filtre – Stellantis

PSA et FCA ont fusionné pour créer Stellantis avec l’ambition de devenir le quatrième groupe automobile mondial. Qu’en pensent nos rédacteurs ?

Sommaire :

Au-delà de leur rigueur journalistique et de leur point de vue de professionnels de l’automobile, les membres de la rédaction sont avant tout des automobilistes et des citoyens lambda. Dans « Rédacteurs sans filtre », c’est le cœur qui s’exprime avant tout ! Cette semaine, nous leur avons demandé ce qu’ils pensaient de la fusion PSA-FCA sous l’entité Stellantis.

  • Laurent Blairon

Pour moi, il y a du pour et du contre dans cette fusion. Sur le plan positif, c’est un mal nécessaire. Si de telles alliance ne se concluent pas, c’est la survie même de certaines marques qui est en péril. Tant que cela peut sauver des noms et, surtout, des emplois (lisez : en perdre le moins possible), c’est une bonne chose. Et si en plus cela permet de relancer des noms délaissés, comme la Fiat Uno ou, pourquoi pas, une Lancia (un SUV compact de luxe Lancia aurait sa chance !), je dis oui !

Toutefois, de plus en plus, l’identité des marques se dilue à force de trop d’économies d’échelle. En particulier dès qu’il s’agit de SUV. C’est vrai pour les lignes générales des autos, mais aussi et surtout les moteurs. La quête absolue de rentabilité exclut aussi tout projet de modèles passionnels et/ou emblématiques (cabriolet, coupé). En somme, les marques s’unissent surtout pour produire de plus en plus de SUV.

  • Hans Dierckx

Ce sera une tâche titanesque pour Carlos Tavares de fusionner FCA et PSA pour en faire un acteur mondial qui fonctionne bien et qui réussit. Mais si vous regardez son parcours, avec le sauvetage de PSA et l'intégration d'Opel, je crois qu'il en est capable. Mais cela doit toujours se faire, bien sûr ; les fusions sont toujours des entreprises périlleuses.

En Europe, il peut appliquer l'astuce Opel à Fiat et à Jeep, à savoir construire une gamme de volume cohérente basée sur une solide plateforme PSA qui couvre une partie importante du marché, tant en termes de régions que de segments. Alfa Romeo pourrait aussi y trouver sa place en partie. Aux États-Unis, Stellantis peut compter sur la popularité des pick-up RAM extrêmement rentables, du moins tant que les prix du pétrole restent bas. L'autre grand marché mondial, la Chine, est un problème. FCA et PSA ne s’y portent pas très bien dans l'ensemble.

Le PDG portugais a déjà promis qu'il ne procéderait à aucune réduction, ni dans la production ni dans le portefeuille de marques. Cette dernière soulève des questions. Va-t-il garder Lancia, qui n'a survécu qu'en Italie ? Quelle est la raison d'être de l'aspirante marque de prestige DS, alors que vous avez des noms aussi retentissants qu'Alfa Romeo et Maserati dans votre écurie ? Et qu'en est-il des marques en déclin comme Chrysler et Dodge aux États-Unis ? FCA et PSA ont toutes deux une surcapacité dans leurs usines : un analyste a récemment calculé que Stellantis pourrait réduire l'équivalent de la production annuelle de Ford de sa capacité commune, et qu'il lui resterait encore assez d'espace pour fabriquer plus (!) de voitures qu'aujourd'hui.

Cependant, avec une bonne gestion, une vision claire, un développement de produits solide et des opérations efficaces, je pense qu'il est possible de faire trois sur un plus un. Parce qu'il y a du potentiel dans ce mariage.

  • Olivier Duquesne

J’accueille cette nouvelle positivement de la part de grands constructeurs européens. Cette fusion donnera aux différentes marques l’opportunité de profiter d’une solidarité dans le développement et le partage des technologies. Même s’il faut craindre quelques remaniements. De grands défis attendent les constructeurs, notamment en matière de motorisations électrifiées et de conduite autonome.

En outre, la conception des citadines, spécialités de plusieurs marques de PSA et FCA, a vu ses coûts fortement augmenter pour répondre aux exigences en matière de sécurité, de confort et d’émissions. D’où la nécessité de s’unir pour survivre. C’est donc dans l’air du temps. Il pourrait y avoir d’autres fusions dans les années à venir, notamment pour faire face aux normes environnementales. 

  • Xavier Daffe

Je suis pour, car pas d’autres choix. Chacun dans leur coin, la situation serait devenue vite intenable face aux mouvements de rapprochement auxquels on assiste et qui sont nécessaires pour faire face aux investissements colossaux qui se profilent à l’horizon pour l’industrie automobile : voiture électrique, à hydrogène, connectée, autonome… Alors que dans le même temps les marchés s’effondrent et les marges se réduisent.Des économies en R&D, en industrialisation… sont plus nécessaires que jamais.

Et je ne crois pas à un mariage raté comme l’a été celui entre Fiat et GM au début des années 2000. Tavarès a un autre calibre et dans le passé, GM a raté tous ses rapprochements ou acquisitions. Rappelons-nous la triste fin de Saab et l’incapacité à rendre Opel profitable pendant 20 ans. Ce que Tavarès a fait en 2 ans !

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