Quarante pour cent. C’est la proportion de pièces revues et remplacées à l’occasion de ce profond restylage. Un restylage, en effet. Car Mercedes le reconnaît volontiers: aussi élevée soit la part de composants inédits, le GLE reste, au fond, fidèle à lui-même (à un détail majeur près sur cette version 450e, mais nous y reviendrons). Cela dit, ce grand SUV n’avait rien de fondamentalement critiquable. On serait donc en droit de penser qu’après les dernières retouches apportées par les ingénieurs allemands, il devrait désormais tutoyer la perfection. Vraiment?
Design et dimensions du Mercedes GLE 450e
L’essentiel de ces 40% se concentre d’ailleurs sur la carrosserie et ses abords. Des phares aux feux arrière, en passant par la calandre redessinée, tous ornés des incontournables étoiles, ces éléments sont les indices les plus évidents pour reconnaître le «nouveau» GLE. Des évolutions qui répondent avant tout à une logique de cohérence, puisqu’elles s’inscrivent dans le langage stylistique actuel de Mercedes.

Cette allure rafraîchie ne change toutefois rien, ou presque, aux dimensions. Le Mercedes GLE reste donc aussi imposant qu’auparavant et conserve logiquement la même habitabilité généreuse.
Habitacle et coffre du Mercedes GLE 450e
Le coffre affiche ainsi un volume minimal de 630 litres. Avec la banquette coulissante sur 10 cm, cette capacité peut même atteindre 825 litres. De quoi emporter sans retenue les bagages des vacances familiales. D’autant que ce Mercedes conserve un atout rassurant puisqu'il peut tracter jusqu’à 3,5 tonnes de charge freinée, à condition d’avoir opté pour la suspension pneumatique Airmatic.

Lorsque la banquette reste en place, ce sont les passagers qui profitent pleinement des généreuses dimensions extérieures. À l’avant comme à l’arrière, nous n’avons de fait jamais manqué d’espace, que ce soit pour les jambes ou au-dessus de la tête.
Ce confort se prolonge sur le plan numérique. Mercedes équipe désormais le GLE de série du Superscreen, qui réserve aussi au passager avant un écran de 12,3''. Un ajout réellement utile, puisque le copilote peut y regarder un film, même lorsque le véhicule roule. À la condition toutefois que le conducteur garde les yeux sur la route. S’il se laisse trop souvent distraire par les images, la caméra de surveillance le détecte et coupe l’écran du passager.
Cet ensemble d’écrans s’accompagne de la dernière génération du système multimédia MBUX. Déjà apprécié dans nombre d’autres Mercedes, celui-ci séduit une fois encore par sa facilité d’utilisation et sa réactivité.
Il est d’autant plus regrettable que Mercedes n’ait pas offert un écrin plus raffiné à cette prouesse technologique. La longue pièce de plastique qui habille la planche de bord paraît bien moins sophistiquée que l’univers numérique qu’elle abrite. Surtout aux extrémités, où les encadrements des aérateurs, pourtant plutôt élégants, semblent avoir été simplement rapportés.
Caractéristiques et performances du Mercedes GLE 450e
Choisir un GLE, c’est désormais disposer d’au moins 6-cylindres. Des moteurs qui, comme auparavant, carburent à l’essence ou au gazole. Tous bénéficient d’une assistance électrique assurée par un réseau de 48 V et son alternodémarreur.
Si cette hybridation légère paraît insuffisante, la formule hybride rechargeable reste, elle aussi, au catalogue. C’est celle que nous avons retenue pour cet essai. Elle nous semble en effet appelée à représenter l’essentiel des ventes du GLE en Belgique. Même si ses émissions de CO₂, comprises entre 73 et 88 g/km, la rangent fiscalement parmi les «faux hybrides», avec à la clé un avantage fiscal nettement réduit.

Voilà qui nous ramène au «détail» évoqué plus haut. Chaque GLE accueille désormais au moins un 6-cylindres en ligne sous son capot. Cette version 450e, qui succède à la 400e, n’y fait donc pas exception. Exit le 4-cylindres de 2 litres, dont nous ne regrettons nullement le départ, car le 3 litres qui le remplace dispose en effet d’une puissance nettement supérieure.
Très exactement 326 ch et 540 Nm. Une vigueur qui sert avant tout le confort, avec des reprises encore plus aisées et plus fluides. À plus forte raison lorsque le moteur électrique synchrone à aimants permanents, intégré à la boîte automatique à 9 rapports, apporte le renfort de ses 184 ch et 480 Nm. Fort de 425 ch et 680 Nm cumulés, le Mercedes GLE 450e avale ainsi les kilomètres sans effort et à belle allure. Sans que cela se traduise nécessairement par un appétit accru pour l’essence.
Les ingénieurs ont réexaminé pour la troisième fois la conception du moteur M256, avec à la clé de nouvelles améliorations et le suffixe EVO. Les conduits d’admission redessinés favorisent un mouvement tourbillonnaire plus efficace du mélange air-essence dans les cylindres. De quoi autoriser, à pleine charge, un rapport volumétrique accru, de 10,5:1 contre 10:1 auparavant, qui expliqueune partie de l’aisance accrue évoquée plus haut.
À rythme plus paisible, la distribution variable adopte un profil de came moins prononcé et fait passer le moteur au cycle Miller, plus sobre. La soupape d’admission se ferme alors un peu plus tôt et le rapport de compression effectif descend à 8,5:1. Après la combustion, les soupapes et conduits d’échappement optimisés assurent une évacuation plus rapide et plus complète des gaz.
Batterie, autonomie et recharge du Mercedes GLE 450e
Ces évolutions ramènent la consommation entre 3,2 et 3,9 l/100 km. Du moins selon le cycle WLTP. Cette moyenne dépend évidemment beaucoup de la distance parcourue grâce à la batterie de 31,2 kWh, dont 25,7 kWh utiles. Une fois celle-ci chargée, le Mercedes GLE 450e pourrait couvrir entre 103 et 106 km en mode électrique, selon le WLTP.

Lorsque cette réserve est épuisée, les cellules conservent néanmoins un peu d’énergie pour maintenir une assistance hybride minimale. La recharge s’effectue à 11 kW sur une borne publique en courant alternatif, ou à 60 kW sur une borne rapide. Dans ce dernier cas, vingt minutes suffiraient pour retrouver 80% de la capacité de la batterie.
Comportement routier du Mercedes GLE 450e
Un GLE se doit de rouler avec aisance, mais aussi dans le confort. Un principe auquel Stuttgart souscrit. Le choix d’un amortissement plus ferme et plus sportif, tant avec les ressorts hélicoïdaux classiques qu’avec la suspension pneumatique Airmatic, n’en paraît que plus surprenant.

L’objectif est de rendre le GLE plus facile à inscrire en courbe. Ce qui se vérifie, dans une certaine mesure. Reste que cette évolution répond à un problème que nous ne ressentions pas. Un tel mastodonte peut fort bien s’autoriser un peu de roulis en virage. Cette souplesse participe, elle aussi, au confort.
Ce raffermissement de l’amortissement se traduit surtout par un manque de constance, du moins sur notre voiture d’essai équipée de l’Airmatic. En ligne droite, le GLE berce agréablement ses occupants. Mais dès que survient un virage, les amortisseurs adaptatifs semblent recevoir le signal de filtrer les irrégularités avec une fermeté soudaine. Certes, sans y prêter attention, ce changement d’humeur passe presque inaperçu. Une fois ressenti, en revanche, il se rappelle au conducteur à chaque courbe.
Il est possible d’y remédier en optant pour l’e-ABC (Active Body Control), dont les barres antiroulis actives limitent les mouvements de caisse et suppriment ainsi cet effet de surprise de l’amortissement. Seulement, cette option n’est pas compatible avec le GLE 450e. L’e-ABC fonctionne en effet sous 48V, tandis que l’hybride rechargeable repose sur une architecture de 400 V…
Prix du Mercedes GLE 450e
Pour prendre le volant de ce GLE 450e, il faut débourser au moins 101.882 €. Avec la même motorisation, le GLE Coupé réclame 6.655 € supplémentaires, mais bénéficie d’emblée de la finition AMG Line. Même à ce niveau, il reste bien entendu de nombreuses options à cocher pour offrir au GLE tout le raffinement attendu d’une Mercedes de luxe.

Verdict du Mercedes GLE 450e
Le Mercedes GLE retrouve toute sa place dans la gamme, tant par son style que par son équipement numérique. Cette version 450e profite aussi d’une évolution mécanique qui permet au grand SUV d’avaler les kilomètres avec davantage d’aisance et de sobriété.
On pouvait logiquement espérer que le confort de marche progresse lui aussi. La promesse n’est toutefois qu’en partie tenue: les réactions trop contrastées de l’amortissement empêchent le GLE de convaincre pleinement sur ce point.
Dans cet article : Mercedes-Benz, Mercedes-Benz Classe GLE
