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Salon de l'Auto Bruxelles 2019 - toutes les nouveautés

Lifestyle / Essai grandeur nature - Voitures électriques : les aléas de la charge

Vous voilà propriétaire (ou locataire) d’une voiture électrique. Et, dans un geste commercial, on vous a fourni un badge ou une carte pour la charger sur les bornes publiques. Vous pensez que ce sera facile. Erreur !

Attention : parfois ça bugge. À part Tesla qui a mis en place son propre réseau efficace – réservé à ses clients – de bornes de charge rapide, les autres constructeurs se reposent surtout sur des équipements installés un peu partout sur le territoire. Ainsi, un pass sous forme de badge ou de carte est parfois fourni avec la voiture électrique pour activer la charge (payante) sur ces fameux points de recharge plus ou moins rapide. À défaut, l’électro-automobiliste a lui-même choisi sa formule via une carte, une app de smartphone ou associée à une carte carburant professionnelle. La carte du réseau semble répondre à la demande avec un maillage assez dense et beaucoup de points verts ou bleus synonyme de prise à disposition. On se dit que ce sera facile. Et bien pas toujours en fait. Voici une compilation (un peu dramatisée) des problèmes que nous avons rencontrés lors d’essais de voitures électriques.

Nos pires moments

Le plus classique : vous êtes un peu ric-rac niveau autonomie et il vous reste bien 15 minutes dans le planning pour faire une petite pause recharge. Vous arrivez sur place et voilà que la borne est occupée. À cette heure, il n'y a pourtant pas foule, vous jetez un œil dans le fast-food. Vu qu’il n’y a qu’un client vous lui demandez s’il en a pour longtemps avec la borne. Et de vous répondre : « Juste le temps de charger la voiture à fond, j’ai des kilomètres à faire ». Sauf que cet hurluberlu a opté pour une charge lente alors que son modèle (vous le savez, vous avez le même) est compatible avec un chargeur rapide. Bref – déjà que vous ne supportiez pas de faire la file au Luxembourg quand vous rouliez encore au Diesel – vous vous résolvez à partir pour rouler pépère derrière les camions en espérant arriver, un peu énervé, à la borne du bureau. Au moins, lui, il avait une voiture électrique. Parce que le squat par des thermiques, ça, ça vous met vraiment en rogne !

Le plus affligeant : l’autonomie est dans le rouge. Votre navigation vous envoie vers une borne dans un parking improbable à l’arrière d’un magasin. Vous arrivez sur place et découvrez un équipement détruit par vandalisme (depuis au moins quelques semaines). Bon, direction borne suivante en espérant qu’elle se trouve à moins de 15 km, ce qui vous reste avant la panne électrique.

Le plus énervant : cette borne est Chademo, votre voiture est Combo. Ou l’inverse. Fallait mieux lire les indications de votre app ChargePluginMap. Au moins, les pistolets de Super ont tous le même embout. Argh ! Ne pas se laisser tenter : « le pétrole, c’est tabou ».

Le plus déprimant : voilà une belle borne non occupée. Vous installez la voiture (parfois en marche arrière pour être sûr que le câble arrive bien jusqu’à la prise), vous sortez le câble, vous dégainez le pass pour activer la borne. Et là : badge (carte) refusé(e) ! Vous tentez l’app smartphone. Bingo ! Cette borne ne fait pas partie du réseau couvert par vos abonnements. Il vous reste à ranger votre câble et à repartir, soupirs, à la recherche d’une autre borne via votre GPS (qui ferait bien d’être à jour). Et puis, pourquoi on ne peut pas utiliser sa carte de crédit sur ces bornes, tout simplement ? Hein, pourquoi ?

Le plus décourageant : borne en panne ! Ouf, il y en a une deuxième à côté qui semble fonctionner (du moins c’est ce qu’indique son écran). Évidemment que non, mais vous vous en rendez compte trop tard. Et comme elle se payait par SMS, vous venez de perdre un texto surtaxé pour rien…

Le plus attachant : tout s’est bien passé. Votre abonnement fonctionne sur la borne, la charge rapide vous a donné 200 km en 40 minutes, le café et la pâtisserie du petit resto n’étaient pas mauvais. Vous voilà fier et heureux de votre effort pour la planète. Vous passez votre badge RFID, appuyez sur la petite icône rouge pour couper la charge, vous déverrouillez la voiture pour libérer la prise. Mais la prise, elle ne veut pas sortir. La voiture et la borne s’entêtent à vouloir charger encore et encore. Votre batterie est déjà à 90 %. Deux solutions s’offrent à vous : espérer qu’à 100 %, la charge se coupe automatiquement. Ou, vu votre confiance en cette merveilleuse technologie, de tenter de forcer le bazar. Après 5 litres de sueurs, vous appelez la hotline. Le type semble au bout du monde, vous ne comprenez rien à ce qu’il vous raconte. Vous devez lui donner le numéro de la borne, le numéro de votre pass (ah bon et il est où ?) et la date de naissance de Nikola Tesla (non, ceci est une mini fake news). Au bout du compte (et l’autonomie à 98 %), il vous apprend qu’il pourra faire un reset à distance. 3 minutes après (99 %), la borne se transforme en sapin de Noël et vous voilà libéréééé, délivréééé !

Le plus frustrant : la borne fonctionne, le badge ou la carte sont acceptés. Super ! Vous branchez le câble, vous appuyez sur le bouton pour activer la charge. C’est vert de partout. Il vous restait 150 km, si vous prenez un petit burger, vous aurez bien 250 km au retour. Assez pour le reste du périple. Sauf que, au retour, l’autonomie indique 151 km ! Mais quoi ? La borne a tout arrêté parce que le clapet de protection de la prise s’est abaissé pendant la charge. Et donc, sans doute par sécurité, le système a coupé l’alimentation. Vent, petit malin, maladresse de votre part ? L’enquête semble difficile. Vous retenez le modèle de borne en vous disant que vous n’utiliserez plus cette boîte capricieuse (elle est moche en plus). Et vous voilà à la recherche d’une autre borne…

Le plus blessant : il pleut, les semelles de vos plus belles chaussures sont mouillées après votre escapade entre la petite boutique de cadeaux mignons et la borne. Mais vous avez oublié que la peinture verte des places de parking pour voiture électrique est glissante. Bardaf ! C’est l’embardée avec, évidemment, une chute douloureuse et un pantalon taché juste avant un rendez-vous important…

Le plus mystérieux : votre GPS spécialisé vous envoie à une adresse, dans un zoning déserté, pour vous indiquer LA borne qu’il vous faut impérativement. Mais où est-elle ? Vous avez beau tourner dans le dédale d’avenues aux noms de scientifiques plus ou moins connus, elle semble invisible… Et pourtant, elle doit bien exister, des internautes lui ont donné 3 étoiles ! Vous cherchez toujours, mais à pied vu l’autonomie qu'il vous restait…

Le plus malicieux : si vous connaissez le petit génie qui a décidé d’installer une borne de recharge dans un parking dont l’accès est contrôlé par une barrière sans que l’on sache comment en sortir. « Mettez votre jeton ». « Mais quel jeton ? On le trouve où ? Tout est fermé, on est dimanche soir… »

Le plus commercial : votre centre commercial favori a réservé des places, près des portes, pour charger les voitures électriques. En plus c’est gratuit. Génial, si on se faisait un petit après-midi shopping ? Mais ce samedi, c’est la foire aux casseroles. La tente est installée sur « votre » parking à prise électrique… Faudra se stationner là-bas tout au bout, comme tout le monde. Et vous débrouiller avec vos 10 km d’autonomie pour rentrer.

Le plus polyglotte : grâce à cette borne, vous avez appris l’allemand. Car, à force, vous en avez assez de lui demander de parler en français ou en néerlandais en appuyant 4 fois sur ses boutons tout froids. Certes, il y a bien une communauté germanophone en Belgique, mais elle ne se trouve pas à 15 km de Bruxelles !

Le plus écolo : enfin une borne « rapide » qui fonctionne parfaitement. De retour après 15 minutes de charge, vous venez de gagner 3 km d’autonomie. Mais pourquoi ? Parce qu’il est 22h30 et que cette borne est alimentée par énergie solaire et qu’en cas de nécessité, liée à sa réserve accumulée lors de cette magnifique journée automnale sous la drache, sa puissance est réduite. « Il est où l’hôtel le plus proche, que j’attende le printemps ? »

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