La Fluence est un bel exemple d'hybridation. Construite sur la plate-forme de la dernière Mégane Grandtour, cette tricorps recycle le train avant de la Mégane II (pseudo-McPherson) et l'essieu de torsion de la Nissan Sentra, un modèle exclusivement commercialisé sur le marché nord-Américain. Ce savant mélange aboutit à une berline sensiblement plus encombrante que l'ancienne Mégane 4 portes. La longueur a progressé de 12 cm au profit de la sécurité (choc avec les piétons) et - ouf!- de l'habitabilité, qui progresse du côté des places arrière et du coffre (+10 l). En ce qui concerne les moteurs, Renault Belgique a opté pour la simplicité, puisqu'il n'en a retenu que 2 sur les 6 que compte le programme de la Fluence. On trouve donc une seule offre en essence (1.6 16V 110) comme en Diesel (1.5 dCi 105).
Conduite : 138/200
Le 1.5 dCi 105 se montre vigoureux à condition qu'on l'exploite dans sa plage de régimes idéale. En deçà (c'est-à-dire sous 1800 tr/ min), il manque singulièrement de vigueur et impose de jouer du levier pour assurer les relances. L'assistance de direction électrique est celle de la Mégane III, ce qui signifie qu'elle garantit une bien meilleure constance qu'auparavant.
Sécurité : 147/200
La Fluence est une voiture classique, mais généreuse dans le sens où l'équipement embarqué est plus que généreux (ESP, airbags...). Ce qui est également bienvenu pour une voiture à vocation mondiale, c'est que le comportement est particulièrement sain et prévenant à défaut d'être amusant. Bref, la Fluence est une berline sans histoire et qui s'apprécie justement pour sa fidélité.
Confort : 131/200
La nouvelle tricorps de Renault est confortable si l'on s'en tient à la monte de base de 16”. Avec les jantes de 17” des Dynamique, le filtrage des irrégularités devient nettement moins convaincant. L'insonorisation est suffisante, sauf à froid, où le claquement du dCi reste trop perceptible. L'habitabilité fait partie des points forts, en particulier à l'arrière, où le généreux empattement a permis d'optimiser l'espace aux jambes. Le climatiseur automatique bizone fait partie de l'équipement de série.
Fonctionnalité : 145/200
L'accès à bord est entravé à l'arrière par la ligne de toit descendante, qui impose de courber l'échine pour s'installer sur la banquette. En revanche, Renault n'a pas lésiné sur les moyens pour améliorer la visibilité périphérique : le radar de recul est monté d'office. La Fluence se distingue en outre par un espace de chargement plutôt vaste (530 l). Dommage que les encombrantes charnières compliquent le chargement et que Renault n'ait pas pris la peine de ménager une poignée pour refermer la malle.
Budget : 140/200
La Fluence se profile comme une offre alléchante compte tenu de l'économie de son dCi et d'un rapport prix/équipement particulièrement avantageux. Pêle-mêle, on note la présence de la radio-CD, du régulateur de vitesse, de l'aide au stationnement, du climatiseur bizone, des jantes alu ou encore des capteurs de pluie et lumière et de l'ESP. Difficile, à ce prix, de faire mieux ! Finalement, le seul défaut tient dans la carrosserie tricorps qui, chez nous, reste peu demandée.
Conclusion : 701/1000
Il faut s'y résoudre : le marché de la berline compacte tricorps est plus que limité chez nous. Et ce n'est pas le positionnement légèrement décalé de la Fluence (esthétique, encombrement) qui y changera quelque chose. Quoi qu'il en soit, ceux qui apprécient ce type de carrosserie trouveront certainement leur compte avec ce modèle qui, non content d'offrir un bon confort général et une belle habitabilité, se distingue surtout par un rapport prix/équipement très avantageux. Pour la comparaison, une Mégane 5 portes équivalente se paie 1.350 euros de plus. Alors, pourquoi pas ?
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1466 du 3 mars 2010.
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