Les travaux consentis sur la 911 Turbo 997 «phase 2» dépassent de loin le simple restylage. Le nouveau modèle met en effet un terme à l'utilisation du bloc course modulaire des GT1, GT2 et GT3 au profit du récent flat 6 de 3,8 litres étrenné par la Carrera S en 2008. Toujours gavé par deux turbocompresseurs à géométrie variable - une exclusivité chez les «essence» -, ce moteur affiche désormais une puissance de 500 ch pour un couple de 650 Nm (soit 20 ch et 30 Nm de mieux qu'auparavant), tandis que le recours à l'injection directe bénéficie incidemment au rendement thermodynamique global. Porsche annonce d'ailleurs une réduction de la consommation de 10% avec le modèle à boîte manuelle et jusqu'à 16% avec la boîte robotisée. Car il s'agit là de la deuxième évolution de la 911 Turbo : le remplacement de la vieillissante boîte Tiptronic 5 par la récente PDK à 7 rapports, laquelle revendique des performances plus brutales encore grâce à une procédure de launch control. Plus puissante - et un peu plus légère (- 25 kg) -, la dernière 911 Turbo est aussi annoncée plus dynamique, avec notamment le PTV (Porsche Torque Vectoring), une parade électronique optionnelle qui s'additionne à l'action de l'autobloquant en freinant la roue arrière intérieure au virage pour créer un couple de lacet aidant à l'inscription.
Conduite : 184/200
Le nouveau 3,8 litres suralimenté n'a rien à envier à son prédécesseur issu de la compétition. Au contraire, avec 500 ch, la 911 Turbo se paie le scalp de tous ses rivaux grâce à une vigueur et une élasticité sans concurrence. Nouveauté de cette 997 «2», la boîte PDK remplace avantageusement l'ancienne Tiptronic. Incomparablement plus rapide, elle est désormais aussi utilisable sur circuit grâce aux palettes de sélection optionnelles.
Sécurité : 183/200
Porsche n'a de leçon à recevoir de personne lorsqu'on parle freinage. En particulier lorsque le riche utilisateur (et il le sera forcément) opte pour les ensembles en carbone-céramique dont l'endurance est tout bonnement époustouflante. Toujours fidèle et très efficace du fait de la transmission intégrale active, le comportement gagne en agilité, notamment grâce au PTV combiné au différentiel autobloquant.
Confort : 172/200
Malgré des performances de feu, la 911 Turbo reste plutôt confortable. Merci à l'amortissement adaptatif qui peut être calibré selon les humeurs, mais aussi à la sellerie particulièrement prévenante. Bien sûr, d'aucuns jugeront les deux places arrière comme symboliques, mais elles permettront néanmoins d'emmener deux enfants en bas âge ou d'optimiser le volume de chargement. Le climatiseur automatique est fourni de série.
Fonctionnalité : 139/200
La 911 reste sans doute la sportive la plus fonctionnelle de sa catégorie. Certes, son coffre avant n'est pas des plus logeables, mais l'accès y est particulièrement facile tandis que la compacité de l'engin autorise sans la moindre restriction une utilisation quotidienne. La finition est excellente, mais l'équipement de série n'est pas très généreux eu égard à ce que propose la Nissan GT-R dont le prix est près de deux fois inférieur...
Budget : 127/200
Malgré une conso de carburant en nette baisse, le budget reste le talon d'Achille de la 911 Turbo. Facturée près de 150.000 € en version de base, elle est près de deux fois plus chère qu'une Nissan GT-R et encore 10.000 € plus chère qu'une Corvette ZR1. L'acheteur devra avoir les reins solides d'autant que l'équipement de série comporte quelques lacunes (régulateur de vitesse, différentiel autobloquant...) L'aura dont bénéficie la 911 Turbo lui assurera une cote élevée en seconde main.
Conclusion : 805/1000
Sans avoir l'air d'y toucher, Porsche a considérablement augmenté le potentiel de sa 911 Turbo. L'arrivée du 3,8 litres suralimenté a en effet permis d'atteindre un absolu (mais pour combien de temps ?) en matière de performances tandis que le passage à l'injection directe s'accompagne aussi d'une diminution sensible de la consommation, un progrès toujours appréciable dans le cadre d'une utilisation quotidienne. La boîte robotisée remplace avantageusement l'ancienne Tiptronic au point d'ailleurs de pouvoir être utilisée sans retenue sur circuit grâce à ses très ergonomiques palettes de sélection. Le plaisir des amateurs aurait pu être total s'il n'était pas gâché par un prix de vente mandarinal. Voilà un poste sur lequel la Nissan GT-R conservera l'avantage.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1463 du 20 janvier 2010.
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