Pour l'heure, la Cruze reste motorisée classiquement par des moteurs thermiques, un 1.6 à essence de 113 ch et un 2 litres turbo Diesel décliné en 125 et 150 ch. Berline 4 portes de facture classique mais au dessin assez réussi, la Cruze, qui sert aussi de base au modèle engagé par la marque dans le championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC, pour World Touring Car Championship), mesure 4,60 m de long, soit grosso modo le gabarit d'une Skoda Octavia. Mais contrairement à cette dernière, elle ne propose ni hayon ni variante break, ce qui devrait inévitablement freiner sa diffusion dans nos contrées si friandes de ce type de carrosserie. Mais elle a d'autres arguments à faire valoir...
Conduite : 125 ch 112/200 - 150 ch 116/200
S'il est silencieux et exempt de vibrations, le 2 litres turbo Diesel Chevrolet n'affiche pas des puissances ni des valeurs de couple hors pair. Un moteur très civilisé, donc, mais peu démonstratif. D'autant qu'il manque un peu de souplesse à très bas régime et que l'étagement relativement long de sa transmission ne lui permet pas de s'exprimer pleinement à haut régime. La commande de boîte (à 5 rapports) se révèle docile et souple. Dommage que la transmission automatique ne soit pas disponible. La direction manque un peu de consistance.
Sécurité : 132/200
La Cruze se montre très bien isolée des vicissitudes de la route, que ce soit d'un point de vue sonore ou vibratoire. La suspension absorbe et filtre tous les types d'irrégularités moyennant une souplesse qui rend la voiture sensible au roulis. Elle n'est pas un modèle de dynamisme, mais son confort la rend conforme à sa vocation. Le freinage n'appelle aucune critique particulière : puissance, endurance et progressivité sont au rendez-vous. La sécurité passive affiche un bon niveau, à l'exception des airbags latéraux arrière, indisponibles. ESP de série.
Confort : 144/200
La suspension privilégie le confort au détriment du dynamisme routier, mais compte tenu de la vocation de «bon père de famille», on ne lui en tient pas rigueur. La position de conduite est excellente grâce à la multitude des réglages. Le silence à bord constitue une qualité majeure du modèle. Si la banquette est correctement dessinée, l'habitabilité à l'arrière ne sort pas de la moyenne. Climatisation de série.
Fonctionnalité : 120/200
L'accès à bord ne présente pas de difficulté particulière. En tout cas à l'avant. À l'arrière, il en va autrement du fait d'une relative étroitesse des portes. La Cruze n'existe qu'en 4 portes et l'on déplore dès lors l'absence de hayon, qui aurait facilité les opérations de chargement. Dans le cas présent, les charnières de malle sont imposantes et risquent de s'avérer dangereuses pour l'intégrité des bagages. Si certains plastiques font encore un peu bon marché, la finition est correcte et l'équipement de série fourni.
Budget : 136/200
Ces deux moteurs ne se distinguent pas de la concurrence par leur consommation moyenne ni par leur autonomie. En revanche, dans le domaine du rapport prix/équipement, elles se démarquent nettement et confirment par là l'un des points forts traditionnels de Chevrolet. Dommage, simplement, que la richesse de l'équipement soit directement liée au moteur : il n'est possible d'opter ni pour une 125 ch et une finition supérieure, ni pour une 150 ch en finition «de base».
Conclusion : 125 ch 644/1000 - 150 ch 648/1000
Sous une ligne réussie et aguicheuse, se cache une Chevrolet très convaincante à condition de ne pas se tromper sur son compte. Celui qui cherche du dynamisme de conduite, un comportement routier tranchant fera mieux de passer son chemin. Non, la Cruze s'apprécie en «bon père de famille», calmement, sans forcer le rythme. Elle se révèle alors très confortable, silencieuse et offrant de surcroît un rapport prix/équipement très favorable. En l'occurrence, les voitures purement rationnelles d'hier ont cédé la place à une berline pas exempte de défauts, certes (pas de hayon, un coffre peu modulable...), mais aboutie dans les domaines du confort routier, du design, voire de la qualité perçue, en progrès. L'âge de la maturité pour Chevrolet dans ce segment...
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1453 du 2 septembre 2009.
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