La carrosserie et la structure de la Mulsanne sont entièrement nouvelles. Mais si les dessous sont principalement en acier, les panneaux de carrosserie font en grande partie appel à l'aluminium, voire aux matériaux synthétiques (couvercle de coffre), histoire de limiter la masse. L'assemblage mêle quant à lui les techniques les plus traditionnelles et d'autres très high-tech. Dans le même ordre d'idées, si le bois et le cuir sont minutieusement travaillés à la main, la face intérieure des énormes poignées de portes présente une fenêtre trahissant un système d'accès mains libres. Sous le capot, c'est le traditionnel V8 de 6,75 litres (un chiffre magique) que l'on retrouve, suralimenté par 2 turbos. Accouplé à la dernière création de ZF, une boîte automatique à 8 rapports, il entraîne les roues arrière. Pour le reste, une très grande attention a été accordée à la suspension et au comportement routier, afin que la conduite satisfasse les sens du conducteur tout en procurant aux passagers l'impression d'être à bord d'une limousine.
Conduite : 164/200
Pour sa Mulsanne, Bentley a préféré le légendaire et originel V8 de 6,75 litres à une mécanique plus moderne du groupe VW. Le résultat est un monument de puissance et surtout de couple offrant des performances plus qu'honorables à cette grande berline de 2,7 tonnes. Pratiquement inaudible sauf si on le brusque, le V8 s'accorde parfaitement avec la boîte 8 automatique ZF. La direction est trop peu communicative. Malgré les dimensions de la belle, le diamètre de braquage impressionne.
Sécurité : 166/200
Les 4 grands disques ventilés procurent des décélérations efficaces et résistent bien à l'effort malgré la masse. Leur progressivité et leur dosage aisé sont tout aussi appréciables. En ligne droite, la Mulsanne est quasi imperturbable ; sur un parcours sinueux, elle se révèle nettement plus alerte qu'on ne le penserait a priori. La répartition des masses favorables joue en faveur de la motricité, l'éclairage très high-tech est impressionnant d'efficacité et la sécurité passive met haut la barre.
Confort : 168/200
N'attendez pas de la Mulsanne qu'elle vous offre le confort d'un tapis volant style Rolls-Royce, pas même en mode Confort. Les sièges, en revanche, sont excellents, à l'avant comme à l'arrière. Pour ce qui est de l'insonorisation, les bruits de roulement et surtout de vent sont encore trop présents pour que l'on puisse parler de perfection. La climatisation régulée à 4 zones (les occupants arrière peuvent chacun choisir leurs réglages) est un des atouts de cette voiture en matière de confort.
Fonctionnalité : 140/200
Les grandes portes et l'importante hauteur extérieure facilitent l'accès, mais le couvercle du coffre ne se relève pas assez. Bonne visibilité périphérique, sauf vers l'arrière. L'habitacle se veut très pratique et la dotation de série remarquablement complète. La finition de la voiture d'essai était soignée jusque dans le moindre détail où que l'on se trouve dans l'habitacle. Même remarque pour le coffre, mais au volume insuffisant eu égard au gabarit, sans compter qu'il n'est pas modulable.
Budget : 137/200
À allure constante et modérée, la Mulsanne fait montre d'un appétit raisonnable. En revanche, un parcours essentiellement urbain et/ou effectué avec un pied lourd sera sanctionné par une consommation indécente. Grâce aux 96 l du réservoir, l'autonomie est correcte. L'ordinateur de bord avertit qu'il est temps de passer à l'entretien. La garantie est un peu plus généreuse que le minimum légal. Loin d'être donnée, la Mulsanne vaut son prix, même si celui de certaines options nous semble exagéré.
Conclusion : 775/1000
À certains égards, la Mulsanne reste une très classique anglaise, et si ses pères allemands l'ont dotée de gènes très high-tech, ce n'est jamais ostensible ou pour faire de l'épate. La Mulsanne, c'est la crème de la crème pour les amateurs de traditions et de luxe british, mais qui toutefois ne dédaignent jamais prendre le volant eux-mêmes. Et si elle n'est pas encore parfaite, ses petits défauts contribuent également à son charme irrésistible. Enfin, une chose est sûre: lorsqu'il apercevra le regard asymétrique de cette top-Bentley dans son rétroviseur, plus d'un conducteur de sportive risque de trouver sa monture bien poussive...
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur Automobile 1496 du 27 avril 2011.
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