Un restylage, c'est bien le terme qui désigne généralement quelques évolutions de l'esthétique et de l'équipement ? Pas toujours, et certainement pas chez Bentley, qui n'a pas hésité à remettre son ouvrage sur le métier. Ainsi, la Continental GT est devenue 2,6 cm plus large (1944 mm) et 1,4 cm plus haute. Dans les grandes lignes, cependant, le dessin originel dû à de notre compatriote Dirk van Braeckel a été conservé, comme la plate-forme dérivée de celle d'une Volkswagen Phaeton et accueillant le double V12 de même origine sur son porte-à-faux avant. Une architecture pas vraiment favorable à un comportement dynamique, raison pour laquelle Bentley a adapté le différentiel central Torsen pour une répartition du couple favorisant l'essieu arrière (40/60 contre 50/50 auparavant), histoire de limiter le sous-virage.
Conduite : 149/200
Le double V12 a le caractère d'un énorme turbo Diesel : il délivre un couple monstrueux dès les plus bas régimes et est capable d'étaler sa pleine puissance sur une très large plage de fonctionnement. Quel dommage que la bande son soit si décevante ! La boîte automatique à 6 rapports n'est pas la plus moderne de chez ZF, mais s'acquitte parfaitement de sa tâche. Bien que peu communicatif, le volant à 3 branches reste suffisamment précis pour assurer un style de conduite rapide.
Sécurité : 138/200
Le châssis adaptatif répond à tous les caprices du conducteur : de très confortable avec quelques mouvements de caisse en conduite calme à très ferme (mais jamais trop) lorsque le style se fait plus agressif. La dotation sécuritaire est honnête, même si les airbags de genoux sont indisponibles. Carton rouge cependant pour le freinage, qui manque de puissance et d'endurance. Les disques en carbone proposés en option nous paraissent incontournables.
Confort : 130/200
Ce que l'on attend en premier lieu d'une Bentley, c'est un très haut degré de confort. La Continental GT ne nous a pas déçus. La suspension absorbe et filtre de manière remarquable (sauf les plus grosses irrégularités), l'insonorisation est excellente et les places avant se montrent franchement accueillantes. En revanche, accéder aux places arrière n'est guère aisé, sans compter que la garde au toit et la place pour les jambes sont insuffisantes. A réserver aux enfants, donc.
Fonctionnalité : 120/200
La Continental GT est un imposant et lourd coupé avec d'épais montants de toit pénalisant la visibilité périphérique. Le couvercle du coffre est motorisé, mais fonctionne très lentement et selon un angle d'ouverture insuffisant. Gare au dos au moment de charger ou décharger de lourds objets. Dans l'habitacle, les espaces de rangement sont prévus en suffisance.
Budget : 103/200
Pour un prix de base de 200.000 €, la dotation de série est complète, à quelques lacunes près. Interminable, la liste des options est là pour satisfaire aux exigences de personnalisation les plus extrêmes. La consommation est évidemment « hors normes », mais par rapport à la génération précédente, Bentley a réussi à quelque peu contenir l'appétit du double V12, capable aujourd'hui du brûler du bioéthanol. En regard du tarif, le programme des garanties est plutôt maigre.
Conclusion : 640/1000
Le restylage dont a bénéficié la Continental GT ne l'a pas profondément modifiée : esthétiquement modernisée, elle a su conserver son image très chic et c'est très bien ainsi. Idem pour l'ambiance régnant à bord, où le confort est de très haut standing et l'atmosphère toujours incomparable. Malgré ses caractéristiques de couple et de puissance, la Continental GT n'est cependant pas une vraie sportive, mais bien plutôt une très grande routière rapide bénéficiant d'une réserve de puissance qui semble en toute circonstance inépuisable. Dommage, cependant, que la gestion électronique de l'accélérateur soit si timide jusqu'à mi-course, mais, surtout, que le système de freinage de série ne soit pas à la hauteur en matière de puissance et d'endurance. D'autant plus qu'en conduite dynamique, le châssis fait réellement montre d'un étonnant potentiel. En fait, ce qui différencie la Continental GT d'une véritable sportive, c'est que son conducteur peut se déplacer très vite en continuant à se sentir choyé plutôt qu'en devant s'impliquer dans la conduite. À cet égard, nul doute, cependant, que quelqu'un qui est prêt à débourser plus de 200.000 euros pour un coupé n'offrant que deux vraies places possède par ailleurs dans son garage d'autres jouets aptes à lui assurer des déplacement plus... pimentés.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur Automobile 1501 du 6 juillet 2011.
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