Le Juke est assemblé sur la structure des Clio, Modus, Note et autres Cube. Cette filiation technique explique bien sûr en partie qu'il soit sensiblement plus compact que le Qashqai. Mais au delà de l'encombrement particulier, ce qui singularise ce petit SUV, c'est bien sûr son style décalé qui puise son inspiration dans le concept-car Qazana et grâce auquel Nissan espère harponner une majorité de nouveaux clients. Sur ce strict aspect, le Juke mêle aussi les genres. Et pas qu'un peu : il s'inspire autant du monde du rallye (calandre et optiques) que de celui de la moto (avec la sorte de gros réservoir peint sur lequel est «assis» le levier de vitesse) ou même des coupés (ligne de pavillon tombante, poignées des portières noyées dans le montant). Hormis pour la partie basse trapue et la garde au sol, on en viendrait presque à se demander en quoi le Juke arbore encore les caractéristiques d'un 4x4. Une interrogation que la lecture de la fiche technique ne lève par ailleurs pas : le Diesel (1.5 dCi de 110 ch) n'a même pas droit à la transmission intégrale. Quel mutant, ce Juke!
Conduite : 128/200
Si le dCi se montre à la hauteur en ce qui concerne les performances, l'étagement de boîte plutôt court pénalise le confort de fonctionnement, en particulier sur l'autoroute. Cela dit, le passage du quinze-cents à 110 ch à la suite du montage du filtre à particules lui a fait gagner en onctuosité, surtout à bas régime. La direction à assistance électrique est correctement calibrée, même si l'ensemble manque (comme souvent) d'information.
Sécurité : 133/200
Le Juke est soigné pour ce qui concerne la sécurité. Le contrôle de trajectoire est monté de série à l'instar des 6 coussins gonflables. Malgré l'empattement court, le comportement reste sain et sûr, tandis que l'efficacité est au rendez-vous. Il n'y a que la motricité qui prête à discussion, notamment sur les revêtements gras. Le freinage suffit à la tâche, mais l'endurance est loin d'égaler celle des produits badgés Renault. Dommage.
Confort : 121/200
La hauteur du centre de gravité et l'empattement court ont dicté les lois de l'amortissement, plus taré que celui du Qashqai. Cela se sent sur les grosses déformations, où le Juke «cogne» sensiblement plus que son aîné. La position de conduite n'est pas non plus exempte de reproches, notamment faute d'ajustage en profondeur du volant. Sacrifiée sur l'autel du style, l'habitabilité souffre d'une garde au toit limitée à l'arrière. Inutile d'espérer y installer deux adultes de plus de 1,75 m.
Fonctionnalité : 122/200
Les courbes du Juke limitent aussi la visibilité périphérique autant que l'accès aux places arrière par la faute de portières étroites. Le coffre est logé à la même enseigne : le volume est cantonné à 251 l, soit sensiblement moins que ce qu'offre une polyvalente traditionnelle. Heureusement, le Juke se rattrape avec un équipement plutôt complet et ce dès la version de base Visia. Ouf !
Budget : 124/200
Malgré son bon rendement observé dans de nombreux autres véhicules, le 1.5 dCi 110 a fort à faire dans le Juke. Le poids élevé, les mauvaises qualités aérodynamiques et la boîte courte sont autant d'éléments détériorant la consommation. Et les garanties ne viennent pas compenser : 3 ans! Heureusement, le Juke n'est pas hors de prix. Au contraire, son prix d'attaque est même intéressant compte tenu de son équipement embarqué. C'est toujours ça !
Conclusion : 628/1000
Le Juke - prononcez «djouke» - est un drôle de loustic ! Et Nissan compte évidemment sur lui pour lui ramener une clientèle de «djeunes». Décalée à souhait, son esthétique constitue sans aucun doute le meilleur atout du modèle, même si, revers de la médaille, ce culte du style poussé ici à son paroxysme pèse sur l'utilisation du modèle, notamment pour les aspects pratiques et l'habitabilité. Que voulez-vous, c'est la tendance ! Il n'en reste pas moins que le Juke dCi possède heureusement aussi d'autres qualités marquantes, à commencer par un comportement routier plutôt sympa et, plus essentiel bien sûr, un prix attrayant combiné à un équipement complet. Voilà qui n'est pas si mal et qui pourrait sans doute faire passer la pilule de la consommation excessive du quinze-cents Diesel. Non ?
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1486 du 8 décembre 2010.
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