Abouti dès le lancement de la première Prius (1997, 2000 en Europe), le THS I (Toyota Hybrid System I) n'avait pas la prétention de dépasser les performances d'une petite citadine. Le 4 cylindres de 1500 cm³ à cycle Atkinson délivrait 73 ch, le moteur électrique 45 ch et la puissance cumulée de l'attelage hybride atteignait 101 ch. Avec un pack de batteries, un moteur électrique et un inverseur optimisés, le 1.5 litre du THS II (2003) était vendu pour 78 ch thermiques, 68 ch électriques (111 ch au total) et disposait de bien meilleures aptitudes routières. Resté fidèle au cycle Atkinson qui lui permet de tourner en limitant les pertes par pompage, le THS III grimpe en cylindrée en passant à 1800 cm³. Grâce à un échangeur placé sur le collecteur d'échappement, il monte plus vite à température et voit sa consommation chuter lors des démarrages à froid. La puissance passe à 98 ch (+ 24%) en brûlant de l'énergie fossile, 81 ch (+ 20%) en consommant du courant et 136 ch en combiné. Le régime maxi du moteur électrique a presque doublé. Ce dernier assiste mieux et plus longtemps le 4 cylindres à essence, entre autres en profitant du réducteur ajouté à la nouvelle boîte-pont. L'effet «moulin à café» n'a plus cours, ou alors atténué, lointain même, un peu comme le prolongement pervers d'un kickdown violent.
Conduite : 164/200
Performances et agrément en hausse grâce à l'augmentation de cylindrée de 1,5 à 1,8 litre. Soit 26 % de puissance et 29 % de couple en plus. La Prius II signait 32,7 s au 1000 m DA; la Prius III arrondit ce temps à 32 s pile ! Le propulseur hybride a été repensé. Le but ? Optimiser la symbiose thermique/électrique en rejetant 17% de CO2 de moins! À cette fin, le 1.8 VVT-i à cycle Atkinson accélère sa mise à température et refroidit mieux les gaz en recirculation. Profitant d'un réducteur et d'une moindre déperdition dans l'unité de puissance, le moteur électrique assiste mieux le 4 cylindres.
Sécurité : 148/200
Le freinage entretient un contact curieux, en deux temps: celui de la régénération au lécher de pédale, suivi d'une phase qui ne devient mordante que sur un enfoncement franc. Vite à cran par la faute d'une suspension inutilement raidie, l'ABS intervient sur la moindre aspérité avalée en freinant, allongeant la course de la pédale en donnant l'impression de faire un bond en avant. Très bref, le phénomène déconcerte sans jamais s'avérer dangereux. La Prius III se rattrape sur ses qualités de comportement, notamment pour dispenser, en plus d'une stabilité directionnelle olympienne, un ressenti au volant plus naturel qu'avant
Confort : 172/200
Les ingénieurs ont cru mieux faire en durcissant la suspension. Comme souvent avec Toyota, c'est moins bien parce que les aspérités de la route ne sont plus filtrées avec la même acuité. La démarche étonne d'autant que les roues de 15" de notre Solar Premium montent du pneu à flanc plus haut (195/65) que les 16" du modèle précédent (195/55). Elle se rattrape sur un équipement auquel on a rarement droit à ce niveau de gamme: le toit solaire permet de ventiler l'habitacle à l'arrêt. Mais aussi le régulateur de vitesse adaptatif et le Pre-Safe. L'aide au stationnement IPA convainc moins.
Fonctionnalité : 180/200
La Prius s'élargit de 20 mm,s'allonge de 15mm sur le porte-à-faux avant, mais garde les mêmes empattement (2,7 m) et hauteur. Tout au plus le sommet du pavillon a-t-il reculé de 100 mm au bénéfice de la garde au toit aux places arrière. Tout ça en perdant 1 point de Cx (à 0,25)! Accès aisé à un habitacle spacieux et lumineux. Plancher de coffre affleurant, prolongé à l'horizontale par simple rabattement des dossiers 1/3-2/3. Accostages et finition soignés, même si le grainage de certains plastiques ne plaît pas à tous.Affichage tête haute HUD, clim' automatique, possibilités de rangement en nombre...
Budget : 172/200
Des Prius I et II à la III, la conso baisse spectaculairement. La moyenne du cycle-test normalisé passe de 5,1 et 4,3 à 3,9 l/100! Pourtant, la dernière-née est 70 kg plus lourde que sa devancière, plus puissante et coupleuse! Avec la réserve qui nous empêche de vraiment comparer nos relevés réalisés sous des conditions d'essai différentes, notons - pour l'anecdote, donc - que la Prius I avait en son temps brûlé 5,8 l/100, comme la II, alors que la III n'en a plus demandé que 5 tout rond au terme d'un parcours de 1.200 km, avec des extrêmes de moineau (4,3-5,7). Pour les primes, c'est banco!
Conclusion : 836/1000
La Prius III progresse partout, gomme ses défauts, s'en découvre de nouveaux, non rédhibitoires - dont une suspension moins conciliante -, tout ça sans être plus chère (en prix de base). Elle l'était déjà, me direz-vous ? C'est oublier la technologie embarquée qui rend cette 5 portes unique, efficace, intéressante, incontournable. Pas seulement parce que vous allez croquer les primes fédérale et régionale. Sachez craquer pour la voiture ôssi! Elle vaut vraiment qu'on s'y intéresse de près.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1452 du 19 août 2009.
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