Malgré sa ressemblance stylistique avec le Touareg, l'Amarok n'a presque rien en commun avec lui. Chez Volkswagen, pick-up et SUV ne partagent aucun organe, sinon quelques éléments de la boîte de transfert de la transmission. Par sa structure (châssis-poutre, essieu arrière rigide suspendu sur des ressorts semi-elliptiques) et son architecture (moteur longitudinal avant, roues arrière motrices en mode 4x2), l'Amarok n'apporte rien de très novateur sur ses concurrents asiatiques, sinon une meilleure habitabilité et, caractéristique unique, un plateau de chargement pouvant accueillir transversalement 2 europalettes (1,2 x 0,8 m)! Plus original: il existe en deux variantes de transmission, crabotable et dépourvue de différentiel central (4Motion enclenchable avec gamme courte, la conformation la plus rencontrée chez les pick-up) ou permanente avec autobloquant interponts Torsen (4Motion permanente sans commande de réduction). Les arguments originaux de l'Amarok abondent dans le sens d'une ouverture au downsizing des moteurs et à une plus grande sophistication - efficacité, donc - des aides à la conduite.
Conduite : 137/200
Un peu saugrenu, un 2.0 dans un pick-up de près de 2 T, alors que notre fisc classe l'Amarok parmi les utilitaires, qu'il n'impose ni sur la puissance ni sur la cylindrée. Les taxes de roulage et de mise en circulation sont du reste minimes. Cela dit, dérivé de celui du Transporter, le 2.0 TDI biturbo se montre volontaire avec ses 163 ch et 400 Nm. Il s'en tire bien, sauf au démarrage, où il n'a pas le coup de bielle de ses rivaux de 2.5 et 3.0, et sur les faux plats, où il manque d'allonge.
Sécurité : 146/200
L'originalité de l'Amarok est d'exister en 2 roues motrices, 4x4 full-time à autobloquant Torsen et 4x4 part-time sans différentiel central. Le Mitsubishi L200 propose l'équivalent de toutes ces possibilités en un seul véhicule... VW se rattrape sur les aides à la conduite, les plus évoluées qu'il nous ait été donné d'essayer sur un pick-up : ESP déconnectable, ABS off-road (qui accumule le sable devant les roues), démarrage en côte, contrôle en descente (même au point mort)...
Confort : 150/200
L'Amarok est livré sur une suspension typée «confort»; dans ce cas, le pont arrière rigide est guidé par des ressorts semi-elliptiques à 2+1 lames. Dans cette configuration, comportement routier et qualité de filtrage font que c'est la première fois qu'on n'a pas constamment l'impression de rouler dans un pick-up vide. Les oscillations restent raisonnables. Cotes d'habitabilité et sièges avant au-dessus de la moyenne du genre. Reste le dossier de banquette trop droit.
Fonctionnalité : 152/200
Une suspension «heavy duty» 3+2 lames est livrable sans supplément sur le part-time, la transmission (la seule dotée d'une gamme courte) la plus susceptible d'assumer les tâches les plus dures et d'embarquer la charge utile la plus pesante. Celle-ci atteint 1.147 kg (un record), contre 948 kg en version standard. L'Amarok est aussi le seul double cabine dont le plateau est conçu pour accueillir 2 europalettes transversalement. La banquette se relève comme un strapontin de cinéma.
Budget : 135/200
VW tape dans les prix d'un marché dominé par les Japonais, jusqu'ici seuls à proposer des pick-up Diesel en Europe. Aux gros moteurs nippons de 2,5 à 3 litres, l'Amarok oppose courageusement (et sans avantage fiscal) un 2 litres qui, grâce à ses turbos étagés, aligne une puissance et un couple comparables. Ça reste un moteur manquant d'inertie en évolution lente et, pis, qui ne consomme pas radicalement moins. Enfin, la finition de ce produit argentin n'atteint pas les standards VW.
Conclusion : 720/1000
Pour ce qui touche le style, le confort, l'habitabilité, le sens pratique, la surface de chargement et, même, l'agrément de conduite (si, si!), l'Amarok a le dessus sur les pick-up japonais. Il doit encore prouver qu'il vieillit aussi bien. Une seule initiative nous chagrine, pour l'heure, c'est qu'il se soit montré inutilement pénitent en adoptant un petit moteur. Vaillant, certes, mais au relent masochiste quand on sait que ces utilitaires échappent à la taxation - CO2 ou autre - des gros moteurs pleins de sensations.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur Automobile 1508 du 12 octobre 2011.
|