En ces temps où l'incertitude financière et le conservatisme règnent en maîtres, Land Rover lance l'Evoque, un engin profilé comme un concept-car. Une décision courageuse que l'on ne peut que louer. Reste à vérifier si le ramage est à la hauteur du plumage.
27-09-2011
Points positifs
Dessin unique et audacieux, jusque dans les détails Comportement ludique Possibilités de personnalisation Filtrage, insonorisation Encore relativement pratique
Points négatifs
Prix élevé Quid de la fiabilité de l'électronique ? Visibilité périphérique Portes gigantesques, accès à l'arrière (Coupé) Fiscalité du 2.2 Diesel Consommation élevée
Techniquement, l'Evoque dérive du Freelander. Toutefois, vu ses proportions très particulières, de nombreuses modifications ont dû être réalisées, au point que l'on peut presque dire que le dernier-né repose sur une nouvelle plate-forme. En annonçant que 90% des éléments de l'Evoque lui sont propres, les ingénieurs ne nous démentiront certainement pas. De son donneur, le plus petit des Land Rover ne reprend que l'empattement (2660 mm); il est plus bas de 27 mm et repose sur des voies plus larges. Les suspensions, les berceaux avant et arrière, la ligne d'échappement et même le réservoir à carburant ont été entièrement revus afin de ne pénaliser ni la garde au sol (215 mm) ni la profondeur guéable (500 mm). Ajoutons que le soubassement est caréné afin de réduire la consommation, tandis que la réduction de la hauteur abaisse le centre de gravité, au bénéfice des aptitudes dynamiques.
Conduite : 135/200
Le TD4 n'est pas un sprinteur, mais son couple généreux lui sauve la mise en reprises. Plus silencieux qu'à bord du Freelander, il est accouplé à une boîte 6 manuelle dotée d'une commande aux débattements courts, mais assez «virile». La direction est très communicative et le train avant réagit sans délai aux injonctions du conducteur. Le comportement de l'Evoque est dynamique et correspond parfaitement à son aspect extérieur.
Sécurité : 159/200
Le freinage est puissant et dosable. Pour un véhicule haut et lourd, l'Evoque fait montre d'une stabilité imperturbable en ligne droite et contrôle bien ses mouvements de caisse, à l'exception du cabrage et de la plongée. La motricité n'est jamais prise en défaut. Les phares au xénon sont puissants et éventuellement dynamiques (éclairage des virages), voire assistés (passage code/route). La sécurité passive est soignée avec, entre autres, un airbag de genoux pour le conducteur.
Confort : 124/200
La suspension est assez raide, mais le filtrage est bon et l'amortissement convenable. Les sièges sont réussis, mais nous aurions aimé pouvoir tester les sièges Sport optionnels (réservés à l'exécution Dynamic), qui offrent certainement un meilleur soutien. La garde au toit à l'arrière est limitée, mais l'espace pour les jambes apparaît suffisant. À moins qu'il ne s'agisse d'un problème de présérie, la gestion de la climatisation semble mal réglée : il faisait presque toujours trop chaud à bord !
Fonctionnalité : 143/200
Accéder à bord requiert un minimum d'espace extérieur, car les portes sont encombrantes. Quant aux places arrière, leur accès est à réserver à des personnes suffisamment souples. Conséquence de la forme, la visibilité est limitée. La finition intérieure est soignée. La dotation de série est complète, mais vu le prix, c'est bien la moindre des choses. Le coffre se montre spacieux et facilement accessible. Seul le seuil d'accès est très élevé, mais vu le genre d'engin, on s'y attendait.
Budget : 131/200
La consommation de l'Evoque s'affiche en net recul par rapport à celle du Freelander. Le dernier-né colle parfaitement à la moyenne. La garantie est plus généreuse comparée à ce qu'offre la concurrence européenne, seule la garantie anticorrosion est curieusement limitée dans le temps. Le rythme des entretiens mériterait d'être revu à la baisse. Très cher à l'achat (surtout en finition Prestige), l'Evoque jouit d'un fort pouvoir d'attraction qui devrait profiter à sa valeur de revente.
Conclusion : 692/1000
Comme souvent quand il s'agit de voitures anglaises, l'Evoque constitue une offre pleine de charme : très typé «premium», il parvient sans peine à faire rimer plaisir de conduite avec confort et, surtout, est doté d'un look incroyable tant dehors que dedans. De plus, ses performances sont suffisantes, sa consommation reste honnête et les possibilités de personnalisation apparaissent très nombreuses. Parmi ses points faibles, on citera une piètre visibilité périphérique, une garde au toit limitée et un accès malaisé aux places arrière, autant de défauts inhérents au concept même, donc connus d'avance. Toutefois, deux facteurs risquent d'entacher son succès : le tarif est franchement élitiste (le cap des 40.000 euros peut allégrement être franchi) et (comme nous l'avions déjà constaté avec les Jaguar XF et XJ) la fiabilité de l'électronique de bord laisse à désirer.