À l'origine, la Chevrolet Volt soulève une polémique : voiture électrique ou hybride ? D'un point de vue purement technique, il est plus approprié d'évoquer une hybride rechargeable, mais en pratique, l'esprit et l'utilisation attendue (et souhaitée) correspondent davantage à ceux d'une voiture électrique. Ce genre de discussion oiseuse pourrait tout au plus alimenter une tablée de passionnés d'automobile si, en Belgique, ce cas ne soulevait aussi un «détail» d'ordre financier. Du point de vue des gestionnaires de flotte, le pourcentage de déductibilité fiscale est de 90 ou 120% selon le cas. Techniquement, la plate-forme de la voiture dérive de celle de l'Opel Astra, reprenant ses jambes McPherson et triangles à l'avant et un essieu de torsion à l'arrière. Idem pour son 1.4 litre à essence, puisé dans la banque d'organes d'Opel. Pour le reste, la Volt défend son exclusivité en s'équipant de deux moteurs électriques : un pour entraîner ses roues avant, l'autre en guise de générateur. L'imposant module des batteries (climatisé), en forme de T, trouve place entre les passagers arrière et derrière leurs sièges de manière que l'auto puisse accueillir 4 personnes et leurs effets.
Conduite : 173/200
Les 150 ch électriques garantissent de bonnes performances, la souplesse onctueuse propre aux propulseurs électriques et une très grande réactivité. Bien que contenu, le son du 1.4 thermique envahit parfois l'habitacle. Le train planétaire servant de boîte de vitesses fonctionne à merveille, tout se déroule sans à-coups ni nuisances sonores. Légère et précise, la direction nous paraît un peu trop artificielle. Avec 11 m entre trottoirs, le rayon de braquage est simplement dans la moyenne.
Sécurité : 154/200
Les disques ventilés procurent des freinages convaincants (et générateurs d'énergie). Endurants, ils manquent de progressivité, surtout en manoeuvres. Imperturbable en ligne droite, la Volt procure même un certain plaisir de conduite (tout en sécurité) dans les courbes. Malgré les pneus à faible résistance au roulement, le grip ne déçoit pas trop (merci à la répartition des masses et au centre de gravité bas). L'éclairage reste en deçà du niveau européen. L'équipement de sécurité est correct.
Confort : 149/200
Pour une voiture d'origine américaine, la suspension paraît plutôt ferme. L'insonorisation est soignée, la console s'encombre de trop de boutons et fonctions. À l'avant, on profite d'un bel espace et de bons sièges, mais manquant de soutien latéral. À l'arrière, l'espace est satisfaisant. La climatisation automatique fonctionne correctement, mais surestime la température indiquée par la commande (typiquement américain). Bon point pour la ventilation et le filtre à pollen (d'origine).
Fonctionnalité : 144/200
L'accès est moins aisé à l'arrière qu'à l'avant. La visibilité périphérique pâtit de la faible surface vitrée et du becquet arrière. L'équipement de base, plus que complet, respecte simplement la logique d'une voiture de ce prix. La finition semble avoir bénéficié d'un effort particulier, ce qui n'empêche pas de déplorer la qualité de certains matériaux. Pas très vaste, le coffre peut se couvrir d'une toile tendue par des élastiques. Les dossiers de la banquette se rabattent pour plus d'espace.
Budget : 140/200
Aidée ou pas du moteur thermique, la Volt privilégie l'usage urbain. Elle ne craint bien sûr pas le réseau secondaire, mais sur l'autoroute, sa consommation grimpe. L'autonomie est celle d'une voiture normale, exceptionnelle pour une (semi-)électrique. L'entretien ne requiert rien de spécial et la Volt est couverte par une garantie plus généreuse que la concurrence européenne. Si elle est chère à l'achat, les (rares) options restent abordables. La valeur de revente reste évidemment une inconnue.
Conclusion : 760/1000
Grâce à la Volt (et à son clone Opel Ampera), GM détient un bel atout, très abouti, dans un segment en gestation. En balayant les risques de panne sèche inhérents aux modèles 100% électriques, la Volt ne peut que glaner des voix parmi les électrosceptiques. Cela dit, ses qualités ne se résument pas à sa chaîne cinématique. Hormis quelques bémols, la Chevrolet reste une berline capable de convoyer 4 personnes et leurs bagages dans un grand confort et se targue même de donner du plaisir de conduite. Dommage que le concept de prolongation d'autonomie électrique implique la présence de trois moteurs, moins gênante pour l'inévitable surpoids que pour le coût qu'elle représente. Malheureusement, nos autorités en profitent pour refuser à la Volt les écoréductions maximales. Si vos besoins de mobilité se résument à des trajets quotidiens pas trop longs et que vous êtes en mesure de recharger très souvent, l'achat d'une Volt reste très envisageable, son surcoût pouvant être vite compensé. Car aujourd'hui, l'électricité est un carburant alternatif bien moins cher que l'eurosuper ou le gazole.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur Automobile 1512 du 7 décembre 2011.
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