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Premier essai / Bentley Flying Spur W12 : flamboyante

Après les Continental GT et GTC, Bentley renouvelle la grande et flamboyante Flying Spur. Une limousine qui, comme toujours, met les petits plats dans les grands pour choyer ses (riches) occupants.

Prix
NC
  • Avis Rédaction NC

Sommaire :

Le concept

Plantons le décor : ce n’est pas parce que la nouvelle Flying Spur qu’elle est une berline. C’est un qualificatif trop populaire et il convient donc de parler de limousine. L’engin utilise une variante de la plate-forme de la Porsche Panamera. L’empattement est plus long de 13 cm par rapport à l’ancien modèle. Sous le capot, c’est le 6 litres W12 qui est de la partie et il développe ici 635 ch pour 900 Nm. De qui exécuter le 0-100 km/h en 3,8 s et pointer à 333 km/h.

Ce qui change

Comme les autres grandes voitures des marques de luxe du groupe Volkswagen, la Flying Spur s’en remet à une direction « intégrale » c’est-à-dire à un système à 4 roues directrices, une première chez Bentley, mais qui a l’avantage de rendre la voiture plus maniable en manœuvres et plus agile lorsque la route tournicote. Et pour freiner la bête, Bentey ne met rien de moins en œuvre que les plus grands disques en métal de tous les temps. Dans ce segment, la concurrence n’est naturellement pas très nombreuse.

Il y a la Maybach avec ses 630 ch ou la version Mercedes-AMG qui avance plus de sportivité. Chez BMW il faut compter avec la M760Li xDrive (585 ch) et chez Audi avec la future version « S » de l’A8 (571 ch). Cela dit, on pourrait discuter sur le niveau de raffinement des Allemandes face à cette Bentley. Existe-t-il une alternative chez Rolls-Royce ? Pas vraiment, car la Phantom coûte grosso modo deux fois plus cher que la Flying Spur et elle n’a de surcroît aucune ambition sportive. Ce qui est aussi vrai pour la Ghost qui met en avant le confort.

Comment ça roule

Nous avons pu prendre le volant de la Flying Spur dans le sud de la France, à une belle époque où l’été joue les prolongations. Un terrain de jeu idéal, surtout pour mettre en avant les avantages des 4 roues directrices sur les petites routes de l’arrière-pays. Anecdote : la limousine répondait précédemment au nom de Continental Flying Spur, mais elle abandonne aujourd’hui le « Continental ». Le modèle est apparu pour la première fois en 2005 et a connu une deuxième génération en 2013. Pour rappel, la toute première Flying Spur (la S1) avait vu le jour en 1958.

Première question : savoir si la nouvelle Flying Spur est une berline sportive de luxe ou une limousine en tenue de sport. La frontière est certes ténue, mais elle importe. Et la réponse nous a été rapidement donnée lorsque notre Bentley a su tenir en respect une Golf R conduite par un local qui connaissait très bien les routes du coin. Il n’y a que dans les virages serrés que la Golf avait l’avantage (forcément), mais ça n’a pas duré longtemps.

Quoi qu’il en soit, il est évident que la Flying Spur n’est pas du tout une voiture de sport. Mais ne dit-on pas que qui peut le plus peut le moins ? Le fait est que malgré son poids et sa taille, cette Bentley est malgré tout étonnante et que ses technologies permettent de repousser assez loin les limites de la physique. On est donc clairement abasourdi par les capacités de la voiture. Tout aussi fantastique : les choses se passent de manière très naturelle de sorte qu’on ne perçoit aucune action de la part de l’électronique. Il faut dire que les liaisons au sol sont soignées avec des barres stabilisatrices à rigidité variable fonctionnant sous une tension de 48 V. L’avantage est double : l’efficacité en conduite active et un confort absolument princier sur le mode adhoc.

Les 4 roues motrices contribuent par ailleurs à la stabilité, mais aussi à l’équilibre avec une répartition statique différenciée de 60% à l’arrière et 40% vers l’avant. La répartition varie toutefois en fonction des conditions d’adhérence, le tout avec, comme chez Porsche, un freinage sélectif sur chaque roue qui aide à créer un lacet et à accroître encore un peu plus l’agilité. De la sorte, le caractère sous-vireur de la génération précédente est pratiquement réduit à néant ici.

Le W12 ne manque pas d’allonge. Et cette mécanique a été retravaillée et en particulier les injections directe et indirecte de sorte qu'à faible charge, la moitié de ses cylindres est désactivée. But : réduire la consommation de carburant et les émissions de CO2. Le bénéfice est estimé à environ 15%. Bentley précise qu’un V8 arrivera plus tard. La voiture en sortira probablement encore plus agile puisque le poids du V8 est nettement moins important que celui du W12. Enfin, une Flying Spur hybride sera aussi disponible ce qui semble logique après les Bentayga et Continental.

Côté transmission, c’est une boîte 8 qui officie derrière le W12. Il s’agit de la robotisée à 8 rapports étrennée par la dernière Panamera. On s’attendait à un haut niveau de prestation en matière de confort, mais on a toutefois été un peu déçu car le couple du 12 cylindres déboule un peu tôt. En d’autres termes, le « take off » (phase de démarrage) nous a semblé un peu trop brutal. Une critique admise chez Bentley qui, paraît-il, s’affaire à opérer l’une ou l’autre modification à ce niveau. Le fait est surtout que les développeurs et le marketing recherchaient une empreinte plus sportive, mais aussi qu’ils ne voulaient pas consacrer un gros budget à une refonte totale de l’électronique et des lois de passage.

Budget

La Flying Spur ne coûte pas rien : comptez 180.000 € HTVA, dont 218.000 TVAC. Et on n’a pas encore parlé d’options qui sont à la fois nombreuses et – logiquement – très chères. Cela dit, c’est le prix à payer pour disposer de ce palais roulant. Le confort est princier et l’espace à bord simplement gigantesque grâce aux 13 cm d’empattement en plus par rapport au modèle précédent. La planche de bord est identique à celle des Continental, sauf pour ce qui concerne la console centrale, légèrement différente. Le Bentley Rotating Display (écran de 12,3 pouces) permet de choisir entre trois afficheurs analogiques et l'affichage du système de navigation ou de tous les autres gadgets de divertissement. Dernière possibilité : pas d’écran du tout, mais un insert en bois, plus reposant. En matière de connectivité, la voiture est aussi à jour. Il y a u point WiFi intégré qui permet la connexion de 8 appareils. Le chauffage de l’habitacle peut aussi être commandé à distance. Tout comme la climatisation. Normal à ce niveau de gamme… Les possibilités de personnalisation sont évidemment labyrinthiques, surtout avec le département Mulliner chargé de combler les attentes des clients les plus pointilleux : essences de bois ou de cuir, revêtements des sièges, du tableau de bord et des panneaux de portes, toutes les combinaisons sont pratiquement possibles.

Notre verdict

Le nouveau vaisseau amiral de Bentley est non seulement plus élégant que son prédécesseur, mais il est aussi nettement plus dynamique. Au point que la sportivité n’est pas loin. Voilà qui finit de consacrer cette Flying Spur comme l’une des meilleures limousines du moment, d’autant que son équipement est encore plus raffiné et que son habitabilité est encore meilleure. Seule vraie question à notre niveau : peut-on bénéficier d’un paiement échelonné ?

Dans cet article : Bentley, Bentley Flying Spur

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