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Décryptage / Voiture électrique : braquage à la chinoise

Alors que la voiture électrique peine à s’imposer chez nous, la Chine a définitivement pris l’initiative sur ce marché d’avenir. Analyse pour tout comprendre sur les enjeux de la voiture verte et la main basse faite sur ce secteur par l’Empire du milieu.

La voiture électrique peine à se frayer un chemin dans nos contrées. Certes, il y a bien quelques initiatives, mais elles restent globalement isolées en tous cas dans les régions plus occidentales (Tesla, Renault, Nissan…). Dans ce contexte, personne ne peut nier que le mouvement semble désormais venir de Chine. La preuve : les multiples marques et modèles qui inondent les salons automobiles internationaux. Et ça s’explique : le marché chinois pousse dans le dos cette voiture électrique. Le pays s’est en effet doté d’objectifs ambitieux imposant non seulement des quotas de voitures vertes dans les ventes, mais aussi en investissant massivement dans ce secteur. L'Empire du Milieu impose en effet aux constructeurs, à partir de l’an prochain, de vendre une voiture électrique ou hybride sur dix. Challenge pour 2020 : 5 millions de voitures électriques vendues et 7 millions en 2025, soit déjà 12% en 2020. Et en Belgique ? La voiture électrique ne représente que 0,1% du marché avec un peu plus de 5000 voitures vendues. Et ce n’est guère mieux pour les hybrides qui ne dépasse pas 3% des ventes.

22 milliards d’investissements

La Chine met donc le turbo sur la voiture électrique. Et beaucoup l’argent : 22 milliards d’euros sont consacré à cette nouvelle technologie contre à peine 3,2 milliards dans l’Union européenne qui, rappelons-le, regroupe les puissants constructeurs allemands. Bien sûr, il y aura beaucoup d’appelés et sans doute moins d’élus qui arriveront à se maintenir sur ce qui s’annonce comme un marché très concurrentiel. Espérons toutefois que Thunder Power qui ambitionne de s’implanter chez nous fera partie des gagnants…

Le virage industriel pris par la Chine est tout simplement historique et, pour les dirigeants, il s’agit de faire véritablement main basse sur le secteur. Un braquage à la chinoise en quelque sorte, mais sans vague et qui ne vise rien d’autre que la domination de toute la filière : la production de terres rares, de lithium, le développement et la production des batteries, des véhicules etc… Le butin de ce braquage promet en tous cas d’être colossal puisque Boston Consulting Group estime que la moitié des voitures vendues dans le monde en 2030 seront électriques ou hybrides rechargeables.

Enjamber le thermique

Dans les années 90, la Chine a rapidement compris qu’il serait difficile de rattraper son retard pour les véhicules essence et Diesel. Aussi, le pays s’est tout simplement mis en tête de sauter cette étape et de passer directement à l’électrique quitte à prendre son mal en patience pendant quelques années. Le président chinois, Xi Jinping, ne s’est d’ailleurs pas caché de cet objectif qu’il a dévoilé publiquement en 2015 avec de la présentation de son plan « Made in China 2025 » visant à soutenir ses industries. « La grande force de la Chine, c'est que lorsque le Parti communiste donne une direction, toutes les entreprises, publiques et privées, suivent comme un seul homme » explique Jean-Pierre Corniou, de chez Sia Partners.

S’affranchir du pétrole

L’idée chinoise à propos de l’électrique est évidemment double : il s’agit de réduire la forte pollution atmosphérique qui tue les mégapoles tout en s’affranchissant du pétrole et des conflits internationaux qui vont avec. En revanche, la Chine a déjà tout fait pour s’assurer l’accès au cobalt, lithium et terres rares; des minerais incontournables pour la voiture électrique. « Dans les années 1980, les pays occidentaux ont cherché à se débarrasser de leurs mines, trop polluantes et trop peu rémunératrices, les Chinois ont alors accepté de prendre le relais, puis ont inondé le marché en cassant les prix pour tuer la concurrence » explique Guillaume Pitron, auteur de La Guerre des métaux rares.

Dans cette optique, le chinois Tianqi Lithium vient d’acquérir un quart des parts de SQM, un des fleurons miniers du Chili, pour 3,5 milliards d'euros. Pour le cobalt, la Chine ne possède aucun gisement sur son territoire, mais elle produit pourtant près de… 70% de ce minerais. C’est le fait là aussi de propriétés, notamment en République démocratique du Congo qui concentre 60% des réserves. La première économie mondiale détient de ce fait 22% des réserves du monde, alors qu'elle n'en produit que 7,5% sur son propre territoire.

Des batteries surtout chinoises

Problème déjà soulevé par Carlos Tavares, patron de PSA : les Chinois produisent déjà 65 % des batteries électriques mondiales. On peut tenter de se rassurer en se disant que l’essentiel de le volume est destiné aux véhicules vendus sur le marché intérieur (770.000 unités vendus en 2017), mais la Chine fournit aussi des cellules électriques à de nombreux constructeurs occidentaux, qui se contentent de les assembler pour en faire des batteries. BYD et CATL travaillent ainsi pour BMW, Volkswagen, Ford, Daimler, l'Alliance Nissan-Renault ou encore PSA. À ce rythme, le fabricant chinois pourrait rapidement détrôner Panasonic qui est le leader du secteur.

La force de l’argent

Si la Chine se développe sur ce secteur à la vitesse grand V, c’est parce que l’état injecte massivement de l’argent dans la machine. Pour les accompagner cette marche forcée, Xi Jinping injecte 1,3 milliard d'euros chaque année dans la filière automobile depuis 2013. De quoi financer la recherche et l’approvisionnement, mais aussi le réseaux. « La Chine veut passer de 200.000 bornes de recharge à 5 millions en 2025 » explique ainsi Marc Mechaï de chez Accenture. Et le dirigeant chinois a également instauré une prime à l'achat allant jusqu’à 8500 euros, mais à condition que les batteries du véhicule proviennent de fournisseurs chinois... Résultat : 90 % des véhicules électriques du marché sont effectivement chinois.

Remontada encore possible ?

Dans ce contexte, on pourrait imaginer aisément que nous roulerons tous électrique et chinois d’ici 15 ans. Ce qui n’est en fait pas une évidence. Car ce serait faire fi de la puissance du marketing et de la méfiance persistante chez nous au sujet des produits chinois, mais à condition que ceux-ci ne rachètent pas de marque européenne. Ce qui est en fait probable comme le craint aussi Carlos Tavares. Début avril, l’homme fort de PSA indiquait en effet que « il y aura un acteur asiatique qui prendra le contrôle d'un fabricant européen et qui deviendra un cheval de Troie en Europe » ajoutant aussi que la mainmise chinoise sur les minerais et leur coût de main d’œuvre imbattable leur permettront d’afficher des tarifs imbattables. Ce qui est déjà le cas en efait avec Volvo et Geely. Certes, la machine chinoise est en marche, mais il n’est peut-être pas trop tard si toutefois les constructeurs européens misent eux aussi sur l’électrique, s’organisent pour avoir accès à ce qui est nécessaire et investissent massivement dans la recherche et le développement pour gagner la course, notamment celle liée à la batterie qui promet encore de nombreuses avancées d’ici 10 ans – batteries solides notamment.

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