Du Scion xD à l'Urban Cruiser, le Centre de Design Européen n'aura eu qu'à remodeler la proue et en faire le sosie de la Toyota Ist commercialisée au Japon. Le bas-bouclier a reçu une fausse protection inférieure noire, sorte d'étrave de skid-pad, et une calandre plus lippue. Entre les versions nippo-américaines et l'européenne, les différences de styles s'arrêtent à peu près là. Y compris pour les aménagements intérieurs, qui ne se singularisent que par des détails de sous-traitance. À l'inverse de la Scion xD, vendue uniquement en traction avant, l'Urban Cruiser se décline en variante AWD à 4 roues motrices à la demande. Cette transmission semi-intégrale n'est disponible qu'en turbo Diesel D-4D, et profite dès lors du couple abondant dispensé par ce dernier. Tout 4x4 qu'il est et pourvu d'élargisseurs d'ailes plus décoratifs que protecteurs, l'AWD n'en demeure pas moins un pseudo-tout terrain, parce que sa garde au sol (140 mm) est moins favorable que celle du 2WD (160 mm).
Conduite : 1.3 144/200 - 1.4 D-4D 148/200 - 1.4 D-4D AWD 148/200
Le modèle existait déjà au Japon (Ist) et aux USA (Scion xD). Nous y avons droit avec des moteurs adaptés à l'Europe, soit un treize-cents à essence sobre et vaillant (101 ch) et le quatorze-cents Diesel de 90 ch connu des iQ, Yaris, Auris et qui gagne ici 15 Nm (205!) grâce aux injecteurs piézoélectriques. Le 1.3 a un Stop & Start rapide. Boîte 6 manuelle. Coupleur AV/AR opérant de 100/0 à 50/50% sur AWD.
Sécurité : 1.3 164/200 - 1.4 D-4D 164/200 - 1.4 D-4D AWD 168/200
L'Urban Cruiser emprunte sa plate-forme à la Yaris et en a du reste l'empattement. On apprécie sa direction à assistance électrique et la sensation naturelle qu'elle induit dans le volant. Train avant précis. Comportement typé traction, y compris celui de l'AWD. Filtrage des déformations de chaussée assez performant. Pneus à flancs plus hauts que sur la berline classique. Airbag de genoux pour le conducteur
Confort : 140/200
McPherson à l'avant. Essieu de torsion à l'arrière. Les liaisons au sol sont celles d'une traction compacte, la Yaris en l'occurrence, qui bénéficient ici de réglages spécifiques liés à des débattements et à une garde au sol accrus. La qualité de l'amortissement mérite un accessit. Volume intérieur généreux pour une auto de moins de 4m de long.
Fonctionnalité : 144/200
Il a l'empattement de la Yaris, on l'a dit, mais donne l'impression d'être aussi spacieux qu'une Auris, en partie grâce à la garde au toit et, pour les versions à 2 roues motrices, à la banquette coulissante. Seule vraie déception: Toyota aurait pu aménager le plancher du coffre de façon à offrir une aire de chargement plane entre le seuil et le rebord des dossiers couchés.
Budget : 1.3 136/200 - 1.4 D-4D 148/200 - 1.4 D-4D AWD 144/200
L'Urban Cruiser prouve qu'on peut avoir l'aspect d'un mini- 4x4 sans peser plus qu'une Golf. Ajoutez à cela qu'une carrure râblée n'incite pas à speeder et vous comprendrez pourquoi la conso s'éloigne peu de celle d'une Yaris, comme le poids du reste. Par contre, difficile de justifier qu'il soit plus cher que les Auris 5 portes, Citroën C3 Picasso, Kia Soul ou Skoda Roomster...
Conclusion : 1.3 728/1000 - 1.4 D-4D 744/1000 - 1.4 D-4D AWD 744/1000
Sûr, spacieux, pratique et agréable à conduire, l'Urban Cruiser a le look craquant du baroudeur polymorphe. Bien mieux que ses rivaux crossovers et «minispaces», il cultive l'allure d'un tout terrain dans le format d'une petite citadine. Comme un SUV, il donne la sensation consistante d'avoir beaucoup d'auto, tant au centimètre carré qu'au centimètre cube, mais sans les inconvénients du genre. Parce qu'il est presque aussi éco-responsable - rapport à ces faibles émissions et consommations - et peu encombrant qu'une voiture purement urbaine. Vendu 2.000eurosmoins cher, ce serait l'outil idéal pour battre le pavé des villes et soulever les chemins pulvérulents des week-ends de VTT.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1447 du 10 juin 2009.
|