Pour une fois, Mercedes n'est pas l'inventeur d'une technique radicalement exploratoire appliquée à l'un de ses modèles. Ça n'était jamais arrivé. Nous en sommes presque traumatisés... Conscient de ce retard, Mercedes a bien présenté au salon de New York (en mars dernier) la version définitive de son ML 450 Hybrid, un dual-mode hybrid - du type full doté de 2 moteurs électriques, développé de concert par Chrysler, GM, Daimler- Benz et BMW - destiné au marché américain. Mais un litige l'opposant au fournisseur des batteries NiMH (nickel-métal hydrure), Cobasys, hypothèque son démarrage commercial. Le constructeur allemand n'est donc plus sûr de devancer ses partenaires et partisans de la technologie bimodale.
Conduite : 168/200
Fourni par ZF-Sachs, le module hybride est implanté entre la boîte automatique à 7 rapports et le 3.5 litres V6. Il s'agit d'un montage parallèle où le moteur électrique intervient pour lancer le V6 à essence, le seconder dans l'effort d'accélération et recharger la batterie en mettant à profit le frein moteur régénérateur. La S400 Hybrid est donc une mild-hybrid, incapable de se déplacer rien qu'avec le moteur électrique. Le V6 est celui de la S350 adapté ; il délivre 7 ch de plus, mais le couple reste inchangé à 350 Nm. N'oublions pas qu'il profite des 160 Nm délivrés par le moteur électrique.
Sécurité : 160/200
La Mercedes S400 Hybrid détient néanmoins 2 exclusivités : elle est la seule à associer un Stop & Start à une boîte automatique à convertisseur. Ça marche divinement bien ! Elle est aussi la première du genre à utiliser un pack batterie lithium-ion. Il n'y a aucune gloire à en tirer, puisque son moteur électrique ne fait que 20 ch, au contraire des full-hybrids qui travaillent avec des puissances supérieures et doivent toujours se contenter d'accus nickel-métal hydrure plus encombrants, à la densité énergétique moindre mais plus stables - c'est le cas du Mercedes ML 450 Hybrid attendu aux USA pour la fin de l'année record.
Confort : 180/200
La nouvelle Classe S ne connaît plus que la suspension pneumatique Airmatic à amortissement piloté. Essayée en version à empattement long, la S400 Hybrid offre 4 sièges individuels dans un habitacle de limousine. Ils étaient en cuir Passion du type confort (massants à réglages pneumatiques), chauffants et climatisés. Dans ce cocon- là, la beauté des matériaux, le soin de finition et la qualité de l'insonorisation sont au-dessus de tout soupçon. C'est du niveau d'une Maybach. Ou d'une Rolls. Sauf qu'on a droit à un (tout) petit moteur. Ça améliore l'image de la grande voiture de prestige.
Fonctionnalité : 188/200
La première hybride de Mercedes est aux premières loges pour profiter du face-lift - calandre et phares restylés - de la Classe S (W221), sortie en automne 2005.Après tout, elle est la version la plus nouvelle. Côté équipement standard, elle se voit portée aux nues aux côtés du navire amiral, la S600, pour être presque aussi richement dotée. Ainsi, elle a les éclairages diurne à l'extérieur, d'ambiance à l'intérieur, les projecteurs directionnels, le pack navigation comprenant la commande vocale, le disque dur de stockage des morceaux audio... La liste des options demeure malgré tout longue.
Budget : 148/200
La moyenne normalisée (8,2 l/100) fait naître de faux espoirs, surtout quand on sait que la S350L annonce 2 l/100 de plus. Notre moyenne (11,8) dépasse celle du cycle urbain (10,9) et doit être nuancée en pensant qu'il s'agit d'une grande automatique à essence, une catégorie dans laquelle nous manquons de références récentes. Vendue 135.000 euros avec 24 options, elle n'aura pas de citation dans le Guinness Book pour son rapport prix/prestations. La S400 Hybrid ne s'achète ni pour consommer peu ni pour performer beaucoup, mais pour se racheter une conscience environnementaliste au prix fort.
Conclusion : 844/1000
Le premier module semi-hybride à l'étoile est certes parfaitement intégré dans la chaîne cinématique d'une S350 devenue, du coup, S400 Hybrid. Dans le genre mild-hybrid, le système est abouti. Normal, c'est du Mercedes. Du made in Stuttgart qui nous donne ici l'occasion de goûter pour la première fois à un dispositif stop & start associé à une boîte automatique à convertisseur. Son fonctionnement colle si bien à la conduite au quotidien que ses interventions, imperceptibles, n'agacent jamais. Au point qu'il n'a pas été nécessaire de prévoir un bouton de désactivation. Évidemment, par rapport à une S350, le gain en performance, voire l'économie réelle en essence n'ont rien de faramineux... Reste la bonne conscience de rouler dans la grande berline qui rejette le moins de CO2 au monde.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1453 du 2 septembre 2009.
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