Présentée pour la première fois sous forme de concept-car au salon de Moscou 2003, la Priora n'aura commencé à être produite en série qu'en mars 2007. Le break qui nous occupe ici n'a quant à lui été présenté qu'en 2008, à l'occasion du salon de Krasnodar. Par rapport au break 111, les modifications les plus flagrantes concernent bien entendu la partie arrière (ailes, hayon et feux verticaux). Extérieurement, ce nouveau break s'allonge de 5 cm par rapport à sa devancière pour atteindre ainsi 4,33 m. L'empattement, la largeur et la hauteur n'ont quant à eux pas évolué, tout comme les 4 portes, simplement conservées ! Outre le design, c'est donc sous le capot que se situe la principale évolution, à savoir un tout nouveau moteur 1.6 16V proposant 98 ch et 145 Nm à 4000 tr/min. Précisons encore que la Priora est la première Lada à bénéficier du multiplexage et de la direction à assistance électrique.
Conduite : 128/200
Le 1.6 16V ne manque pas de caractère. Voilà qui nous change des moteurs atmosphériques à essence de plus en plus lisses et insipides. Malgré de nombreuses adaptations, la boîte de vitesses ne peut cacher son grand âge: sa commande est très floue (mais douce) et l'étagement laisse apparaître un trou entre les troisième et quatrième rapports. Idem pour la direction, trop démultipliée et victime d'un important déphasage entre la consigne au volant et la réaction du train avant.
Sécurité : 133/200
Malgré un nouveau maître-cylindre et un amplificateur revu, l'effort à la pédale de frein reste plus important que dans les voitures modernes (ce qui ne nous déplaît pas). La tenue de cap est acceptable; en virage, les prises de gîte assez marquées ne perturbent pas outre mesure la précision des trajectoires, mais rendent le comportement pataud et paresseux. La motricité est bonne et l'éclairage vraiment efficace. La sécurité passive vaut 4 étoiles Euro-NCAP... selon l'ancienne méthodologie.
Confort : 131/200
Comme toutes les voitures développées à l'Est, la Priora est dotée de suspensions sans égales en matière d'absorption. Voilà qui compense en partie le manque de confort des sièges, très basiques. L'insonorisation est légère, laissant pénétrer les bruits extérieurs et de roulement. Notre modèle d'essai était par ailleurs victime de sifflements aérodynamiques à hauteur des rétroviseurs. La climatisation est de série en Luxe, tout comme les sièges chauffants.
Fonctionnalité : 133/200
Le hayon dégage une large ouverture et s'ouvre assez haut. Dommage qu'il ne se déverrouille qu'à l'aide de la télécommande ou de l'interrupteur intérieur. Le couvre-bagages doit se manipuler manuellement, ce qui n'est pas vraiment gênant, moins en tout cas que de devoir démonter les appuie-tête avant de rabattre la banquette. Dans l'habitacle, les espaces de rangement sont prévus en suffisance. Comparée à celle de nombreux modèles actuels, la boîte à gants est très volumineuse.
Budget : 139/200
À 8.490 euros dans sa version de base (ristourne promotionnelle de 1.000 euros déduite), la Priora Break a tout l'air d'une très bonne affaire. Proposée au même prix, la Dacia Logan MCV 1.6 propose un habitacle et un coffre nettement plus vastes, mais se passe de la direction assistée, des lève-vitres électriques ou encore du verrouillage central. A vous de voir... Les entretiens ne devraient pas vous ruiner et le prix des pièces détachées est très abordable. Reste l'éternel problème de la revente...
Conclusion : 664/1000
Difficile de faire du neuf avec du vieux. Dépassée sur tous les plans, sauf sur celui du moteur, vraiment enthousiasmant, la Priora séduira celles et ceux qui recherchent un break moyen «premier prix», encore que, face à une Dacia Logan à peine plus chère à équipement égal, elle risque d'avoir bien du mal à s'imposer. Sa rivale roumaine propose en effet un habitacle et un coffre beaucoup plus vastes, une meilleure finition, ainsi qu'un confort et un comportement routier nettement plus actuels, sans oublier une image de marque devenue très rapidement «tendance », avec les avantages que cela suppose en matière de valeur résiduelle. Cela dit, nous ne saurions bouder notre plaisir : la Priora est une des rares voitures que l'on sent encore «vivre», qui demande un minimum d'implication de la part de son conducteur et qui, donc, dispense à sa manière un certain agrément de conduite. Voilà qui nous change de l'aseptisation qui caractérise de plus en plus les voitures modernes.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur Automobile 1492 du 2 mars 2011.
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