Entrée en production en 2003, la Kalina nous arrive seulement maintenant, alors que la Priora, commercialisée en Russie depuis le printemps 2007 est attendue sous peu. Ces dernières «nouveautés» sont des produits russes, des tractions avant faites pour durer, faciles à réparer et bon marché à entretenir. Leur contenu local atteint 80%. La sous-traitance étrangère est assurée principalement par Bosch, qui a pris le relais de GM. La récente (mars 2008) prise de participation (25%) de Renault-Nissan dans AvtoVaz laisse augurer un avenir serein pour Lada. La marque de Togliatti garderait des produits spécifiques conçus à partir de plate- formes et de mécaniques partagées avec l'Alliance. Pas question de lui faire assembler des Renault, des Nissan ou des Dacia sous son badge, ni de devenir une quelconque «Ladacia». Une gamme spécifique permettrait à Lada de rester le n°1 russe (40%) avec une production de 1,5 million de véhicules en 2015.
Conduite : 128/200
Le 1400 de 90 ch est le plus récent des moteurs Lada. Facile à entretenir, il se montre endurant et volontaire à la tâche, même si les 4e et 5e vitesses fortement démultipliées le laissent exsangue en reprise à bas régime. Le manque de raffinement vient de bruits mécaniques mal isolés et assez rudes. Dynamiquement, la Kalina profite de son faible poids, d'une garde au sol généreuse, d'une bonne motricité, d'une suspension robuste et correctement amortie. Pas d'aides à la conduite.
Sécurité : 125/200
À 7.950 euros, le client a droit aux 2 airbags frontaux. Pas plus, il ne faut pas rêver. Lada ne se soustrait pas au crash-test. Il faudra néanmoins attendre la Priora pour avoir 4 étoiles aux épreuves de l'Euro-NCAP. Du côté de la sécurité active, l'ABS n'est livré qu'en option (skidka) - pas chère: 369 euros. Dacia, concurrent tout désigné, le monte d'office, mais ne propose pas la servodirection, les lève-vitres électriques et le verrouillage central sur sa Sandero 1.4 (75 ch) de base.
Confort : 112/200
Il y a plus basique. Si, si ! Sans en avoir l'air, la Kalina de base possède de série un ordinateur de bord, une assistance de direction électrique, des lève-vitres avant électriques et un verrouillage central. La télécommande de ce dernier s'est révélée caractérielle et très sensible, sans jamais démissionner. Monacale, la sellerie s'avère plus accueillante qu'elle ne paraît. Impossible de régler finement le chauffage, c'est l'air de la toundra ou ça brûle aux pieds comme un brasero sibérien.
Fonctionnalité : 136/200
Salon de Moscou 1999 : premier prototype. La Kalina entre en production pour le marché russe en 2003. Elle nous arrive en berline 4, 5 portes ou break, sans doute - et c'est un bien - sans ses défauts de jeunesse. Inutile d'épiloguer sur un dessin daté. Reste que pour 4,04 m de long, ce break s'apprécie tant pour le coffre que pour l'espace habitable. Le soin d'assemblage marque plus de points que la qualité de certains accessoires (serrures et chauffage d'avant la glasnost).
Budget : 132/200
Avec 160 g/km de CO2, le petit 16 soupapes russe se voit infliger 100 euros de malus de la Région wallonne. La conso mixte (6,4 l/100) est en rapport, notre moyenne réelle (7,8) aussi. La politique des bas prix concerne aussi les pièces détachées, où Lada est imbattable; une bonne nouvelle même si le produit se fiabilise. Une extension de garantie à 5 ans avec contrat de maintenance est à l'étude. Les 18 concessionnaires belges dépendent d'une nouvelle structure d'importation: Lada France SAS.
Conclusion : 633/1000
En ne cachant pas ses lacunes, la Kalina ne triche pas sur ce qu'elle donne. A son volant, un peu d'âme russe s'épanche sur nos routes quotidiennes, nous faisant la vie belle même quand elle est triste. A rouler comme un slave, en souriant la larme à l'oeil. Longtemps parce que, comme toutes les Lada, celle-ci est faite pour durer. C'est tout de même mieux que ces autos jetables que les Chinois s'apprêtent à nous vendre ! Quoi qu'il en soit, voilà un essai qui nous pousse à accueillir la Priora sans a priori.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1465 du 17 février 2010.
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