Comme on peut s'y attendre de la part d'une Jaguar et, en règle générale, de ce genre de voiture, l'architecture de la XF est classique: moteur longitudinal et roues arrière motrices. Comme pour deux de ses trois principales rivales: les Mercedes Classe E et la BMW Série 5. L'Audi A6 est quant à elle entraînée par ses roues avant ou via une transmission intégrale permanente. À son lancement, l'an passé, la XF ne pouvait compter que sur un seul moteur fonctionnant au gasoil: le 2.7D V6 de 207 ch, une mécanique très moderne développée en partenariat avec PSA Peugeot Citroën. Mais face aux réalisations allemandes, le 2.7D supportait mal la comparaison, particulièrement en reprises. Le nouveau 3.0D, extrapolé du 2,7 litres, devrait y répondre avec 240 ch. Dans le cas de la version S de 275 ch, la puissance fait carrément un bond en avant de 33%! Le couple progresse dans des proportions semblables: de 435 Nm, il passe à 500 dans le 3.0D, voire à 600 dans la 3.0D S. Mieux: ces meilleures caractéristiques s'accompagnent d'un net progrès en matière de respect de l'environnement, puisque ces deux moteurs satisfont désormais à la norme Euro 5, comptant parmi les plus efficaces sur le plan des émissions de CO2 avec 179 g/km en cycle combiné. Seule ombre au tableau, l'augmentation de la cylindrée augmente les taxes.
Conduite : 3.0D 176/200 - 3.0D S 184/200
Nos deux voitures ne se sont pas montrées aussi rapides que ne le prétendait Jaguar, mais quelle différence par rapport à l'«ancienne» 2.7D, tant en agrément de conduite qu'en performances pures! En revanche, dans la circulation quotidienne, le supplément de puissance et de couple de la 3.0D S ne saute pas vraiment aux yeux. Excellente boîte ZF automatique, combinant réactions rapides et douceur de fonctionnement.
Sécurité : 3.0D 172/200 - 3.0D S 176/200
Au cours de notre essai, les freins de la S nous ont semblé meilleurs que ceux de la «simple D». Cette différence s'explique certainement par l'état d'usure des plaquettes si l'on considère que les deux versions sont dotées des mêmes disques. La dotation sécuritaire est complète, mais non sans lacunes. Difficile de ne pas se montrer élogieux quant au comportement: la XF a été pensée pour bondir d'un virage à l'autre.
Confort : 3.0D 168/200 - 3.0D S 156/200
Son comportement très efficace n'entache en rien le confort de la XF, pour autant que l'on n'opte pas pour les réglages Sport. Logiquement, l'amortissement de la S est un peu plus ferme dans ses réactions. L'insonorisation est irréprochable, mais à l'avant, les sièges manquent de soutien latéral, tandis qu'à l'arrière, l'accessibilité est plutôt moyenne par rapport à certaines rivales. L'habitabilité y est suffisante pour les jambes, mais la garde au toit n'y est guère généreuse.
Fonctionnalité : 144/200
L'encombrement du tunnel central et la forme de la banquette arrière font que la XF est à considérer comme une 4 places. Très original, le design intérieur est mis en exergue par l'excellent système d'éclairage et la conception fonctionnelle de l'instrumentation. D'une capacité honnête, le coffre peut voir son volume modulé par les dossiers rabattables en deux parties. Seule l'accessibilité moyenne déçoit, faute d'une ouverture suffisante. On épinglera également une visibilité moyenne vers l'arrière. Heureusement, les capteurs de stationnement sont de série.
Budget : 3.0D 160/200 - 3.0D S 148/200
La tarification de la XF est bien celle d'une berline de haut de gamme, mais comparativement à ses rivales directes, et surtout compte tenu de sa dotation de série (garnissage en cuir d'origine), la XF peut se targuer d'être proposée à un prix tout à fait concurrentiel.
Conclusion : 3.0D 820/1000 - 3.0D S 808/1000
Chez Jaguar, on ne se repose pas sur ses lauriers. L'introduction de nouveaux moteurs dans un modèle commercialisé depuis à peine un an en est la preuve. Un fait d'autant plus appréciable que le lancement des nouveaux 3.0D et 3.0D S répond aux critiques émises à l'encontre du 2.7D, jugé un peu trop tendre. Certes, les chiffres avancés par Jaguar sont teintés d'optimisme, mais au vu des progrès, on aurait tort de se plaindre. Dommage, tout de même, qu'en conditions normales de circulation, la différence de sensations entre D et D S soit si peu marquée. Pour le reste, la XF reste fidèle à elle-même, avec ses qualités (comportement, confort, direction, boîte, finition, etc.) et ses défauts (habitabilité moyenne, accessibilité du coffre), que sa superbe ligne nous fait rapidement oublier.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1445 du 13 mai 2009.
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