La DS4 ne diffère pas radicalement de la C4 dont elle dérive étroitement, tout comme la DS3 par rapport à la C3. Esthétiquement, la DS4 cultive des allures de coupé, encore que ses portes arrière n'y fassent pas totalement croire. Le résultat est un modèle hybride (on parle du look, pas du moteur) combinant des airs de coupé et de crossover, la DS4 étant plus haute sur pattes que la C4. On comprend par ailleurs mieux que la DS4 soit si spéciale quand on sait que, lors de son développement, ses concepteurs avaient en ligne de mire des rivales aussi différentes que l'Alfa Giulietta, la Peugeot 308 et... la Volkswagen Scirocco. Pour ce qui est des éléments de carrosserie, seuls les phares et le capot sont ceux de la C4. Le reste de la structure est plus tendu et bas, mais par le biais d'une garde au sol supérieure de 3 cm à celle de la C4, la hauteur totale est la même. On s'attardera surtout sur la partie arrière, fortement arrondie et caractérisée par des passages de roues prononcés ainsi que par un porte-à-faux réduit de 5 cm, renforçant la «puissance » du profil. Techniquement, la DS4 est fort semblable à la C4 si l'on considère qu'elle lui emprunte ses trains roulants, sa direction et ses freins. La différence réside dans d'autres réglages destinés à mettre en exergue le côté plus sportif de la DS4.
Conduite : 144/200
Véritable bon à tout faire au sein du groupe PSA, le 1.6 HDi a été récemment rendu conforme à la norme Euro 5. Très silencieux et souple, il ne fait cependant pas de la DS4 une sprinteuse. La boîte 6 pèche par une commande perfectible et un étagement très long. Dotée de réglages spécifiques, l'assistance de direction électro-hydraulique confère au volant un feeling plus sportif. Compte tenu des dimensions de la voiture, le diamètre de braquage paraît un peu excessif.
Sécurité : 154/200
Le freinage par disques ventilés à l'avant et pleins à l'arrière est associé à une série d'aides à la conduite. Puissance et endurance sont au rendez-vous et l'ABS fonctionne toujours discrètement. En ligne droite, la DS4 est imperturbable (sauf par fort vent latéral) et sur un itinéraire sinueux, son comportement est sain (léger sous-virage) et plus amusant que celui d'une C4 grâce aux réglages de suspension spécifiques. Sécurité passive soignée : la DS4 a obtenu 5 étoiles aux tests Euro-NCAP.
Confort : 150/200
Une voiture plus haute et au comportement plus sportif suppose forcément des concessions en matière de confort. Heureusement, les sièges compensent. Bonne position de conduite, insonorisation soignée (seuls quelques bruits de vent subsistent), mais ergonomie de certaines commandes à revoir. Rapport encombrement/habitabilité plus que raisonnable, mais la garde au toit n'a rien d'exceptionnel. Notre voiture avait la clim' régulée à 2 zones fonctionnant très bien.
Fonctionnalité : 146/200
L'assise relevée facilite l'accès à l'avant. À l'arrière, l'ouverture étroite complique les choses, sans compter la découpe de la portière aux angles agressifs : souplesse et prudence de rigueur. La visibilité est bonne vers l'avant, médiocre vers l'arrière. Dotation de série honnête et bonne finition, sauf dans le coffre, où la qualité des matériaux laisse à désirer. Si le volume de chargement est inférieur à celui de la C4, le hayon s'ouvre largement et la banquette est rabattable 60/40 de série.
Budget : 150/200
Le 1.6 HDi nous a agréablement surpris par sa sobriété, autorisant du même coup une très bonne autonomie grâce aux 60 l du réservoir. Le rythme des entretiens peut être qualifié de normal, mais Citroën ne se montre guère généreux en matière de garantie... comme la plupart de ses rivaux européens. Pas vraiment donnée, la DS4 bénéficie d'une dotation de série complète et, surtout, d'un look très personnel. Reste à voir comment elle se comportera sur le marché de l'occasion.
Conclusion : 744/1000
La DS4 ne manquera pas de séduire ceux qui cherchent une voiture visuellement différente. Toutefois, l'originalité du design se paie en matière de fonctionnalité : un petit coffre, des places arrière d'accès malaisé et une garde au toit limitée sont autant de «détails » avec lesquels il faudra composer. Quant à la suspension raidie pour assurer un comportement routier plus dynamique, elle demandera elle aussi un minimum d'indulgence en matière confort, même s'il est vrai que les très bons sièges pallient en partie ce défaut. Silencieux et souple, le 1.6 HDi est associé à une boîte manuelle à 6 longs rapports pénalisant forcément les performances en contrepartie d'une sobriété intéressante en carburant. Enfin, positionnement commercial oblige, la DS4 est forcément plus chère que la C4, mais bénéficie aussi d'une dotation de série plus complète. Quoi qu'il en soit, l'acheteur d'une DS4 est assuré de disposer d'une voiture revendiquant une forte personnalité esthétique. Reste à voir si son succès sera comparable à celui de la DS3.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur Automobile 1501 du 6 juillet 2011.
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