Pour la première fois, la Série 5 partage sa base technique avec la 7. Mètre en main, sa longueur progresse de 5 cm (à 4,89 m) pour une largeur en hausse de 2 cm (à 1,86 m), et l'empattement gagne à lui seul près de 8 cm (à 2,97 m). Jetés comme ça, ces chiffres ne sont pas très évocateurs; pour se rendre compte de la réalité des proportions, il faut comprendre que cette grande routière se profile aujourd'hui comme la deuxième plus encombrante de sa catégorie, juste derrière l'Audi A6 (4,93 m). Et pour pousser la comparaison encore plus loin, sachez que cette berline dépasse désormais aussi le X5 de quelques centimètres... Pourtant, bien que sensiblement plus encombrante que celle qu'elle remplace, on verra que la Série 5 n'est pas forcément plus habitable. Pour ce qui touche à la technologie, la 5 reprend logiquement à son compte l'intégralité du cocktail de la 7. Plus précisément, elle en recycle les trains roulants (dont la double triangulation en alu pour l'essieu avant), la nouvelle boîte automatique à 8 rapports (hydraulique), le régulateur de vitesse à gestion des distances, l'Adaptive Drive (déjà disponible sur le précédent modèle) qui désaccouple les barres antiroulis en ligne droite au profit du confort, l'amortissement adaptatif et, chose inédite à ce niveau de gamme, l'Integral Active Steering qui, outre la démultiplication variable de la direction, offre les roues arrière directrices.
Conduite : 163/200
L'évolution du 3 litres Diesel a abouti à une petite hausse de puissance qui garantit des performances de tout premier plan. L'agrément de conduite est aussi au rendez-vous, notamment lorsqu'on associe ce coupleux 6 cylindres avec la formidable boîte automatique à 8 rapports qui ne mérite que des éloges. L'assistance électromécanique procure des sensations très naturelles, tandis que le système des 4 roues directrices (IAS) sert la maniabilité, la vivacité autant que la stabilité.
Sécurité : 150/200
Reprenant l'héritage technique de la Série 7, la 5 ne fait l'impasse sur aucun équipement de sécurité (hormis les airbags latéraux arrière et de genoux). Lecture des panneaux, caméra de vision nocturne, assistant d'angles morts, alerte de franchissement de ligne, tout ou presque figure dans la (longue) liste des options. Le comportement a par ailleurs considérablement progressé en efficacité. Seule la tenue de cap pâtit d'un amortissement adaptatif trop détaré.
Confort : 158/200
Si les prestations de la suspension ou l'insonorisation de toutes les sources de bruits sont désormais dignes d'une limousine, la Série 5 pèche en revanche par de timides progrès en habitabilité. A l'arrière, les passagers ne disposent pas de beaucoup plus de place, ce qui paraît pour le mieux curieux compte tenu de l'allongement de l'empattement. Très efficace, le climatiseur fait partie de la dotation de série et, moyennant supplément, il peut devenir quadrizone.
Fonctionnalité : 127/200
Si l'habitabilité ne progresse pas à l'arrière, c'est aussi le cas du volume de chargement qui, d'une génération à l'autre, n'a rien gagné (520 l). Heureusement, BMW compense partiellement ce statu quo par une banquette rabattable désormais livrée de série. Comme toujours, la finition ne souffre pas la critique et, comme toujours également, l'équipement de série est plutôt chiche compte tenu du tarif pratiqué. Bienvenue chez BMW!
Budget : 143/200
La remarquable sobriété du 30d ne fera pas passer la pilule du tarif qui, en l'espace d'une génération, a grimpé de 9% pour la 530d. C'est pour le moins décevant, d'autant que l'équipement n'offre rien de plus (hormis la banquette rabattable). Un peu court... Pour se donner une idée, il faut savoir que le prix de notre véhicule d'essai (richement doté, il est vrai) dépassait les 90.000 euros... Mais si les prix sont élevés, on sait aussi qu'une BMW conserve une excellente valeur de revente.
Conclusion : 741/1000
En se convertissant à la technologie de la grande 7, la 6e génération de Série 5 gagne sur presque tous les tableaux. Incomparablement plus efficace sur la route, elle se met à jouer les ambidextres en combinant désormais un confort de haute volée à un équipement digne d'une limousine sans renier les formidables capacités mécaniques (performances, consommation, agrément du 30d) qui caractérisent toute BMW qui se respecte. Tout cela vaut sans doute bien qu'on lui pardonne ses timides progrès en habitabilité ou un tarif dont l'augmentation frise la barre des 10%. Non?
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1468 du 31 mars 2010.
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