La Rapide se présente comme le navire amiral de la flottille des modèles les plus ailés... On aurait là, fraîchement promue, la chef de file des vraies Aston; elle reprend l'architecture V/H (Vertical/Horizontal) - un assemblage d'éléments en alu extrudé - qui constitue déjà l'épine dorsale des coupés (et cabrios). Seule différence: la Rapide utilise une plate-forme à l'empattement allongé de 15 cm par rapport à celle de la DB9, dont elle reçoit l'ensemble motopropulseur, à savoir le V12 de 477 ch en version automatique (à 6 rapports). Conceptuellement, la Rapide ne sort pas d'une page blanche, il pourrait s'agir d'un coupé subtilement remodelé en berline. La meilleure preuve vient de ce qu'elle conserve le hayon et les portières dépourvues d'encadrement de vitre. Tout bénéfice pour le caractère fonctionnel, l'élégance et la fluidité de sa ligne.
Conduite : 166/200
Sous les barres antirapprochement stylées, le V12 se présente comme une vraie pièce d'orfèvrerie. Chaque moteur est signé par le technicien responsable de son montage à la main dans l'usine de Cologne. La Rapide reprend tel quel le 6 litres de la DB9, en boîte automatique, avec 477 ch et 600 Nm. Sans prétendre à la puissance spécifique et aux hauts régimes d'un V12 Ferrari, il tonne juste sur un châssis rallongé mais pas moins sportif que celui des autres coupés.
Sécurité : 164/200
La Rapide est charpentée comme les autres Aston Martin; sa carrosserie habille une plateforme V/H faite d'éléments en alu. Pour conserver la rigidité structurelle des coupés, la berline adopte des portes arrière courtes s'ouvrant sur un espace étriqué. Du coupé DB9 à la limousine Rapide, les qualités de comportement et le dynamisme de conduite se retrouvent intacts en dépit des 210 kg de plus. Les scores Euro-NCAP devraient être à la hauteur des ambitions de la marque, vendue dans le monde entier.
Confort : 156/200
Loin d'être aussi rembourrés que ceux d'une limousine, les 2 sièges arrière de la Rapide sont sculptés pour assurer un maintien sans faille. C'est finalement l'accès par les portières arrière qui sera malaisé pour les passagers de plus de 1,80 m, mais aussi l'espace aux genoux si le conducteur est aussi grand ou, encore, la garde au toit qui devient limite. S'extraire s'avère tout aussi difficile, vu l'étroitesse et l'épaisseur du bas de caisse. L'Aston Martin familiale n'est pas encore née.
Fonctionnalité : 133/200
Les vecteurs de confort autres que l'espace à l'arrière sont garantis. Notamment par une suspension aux amortisseurs pilotés, offrant le roulage ouateux d'une limousine en mode confort et, en sport, le franc «toucher de route » d'un bolide réglé pour tourner sur circuit. Les Bridgestone Potenza S 001, fort compétents au demeurant, deviennent sonores sous des amortisseurs raidis. L'ouverture des portes en ailes de cygne n'améliore pas grandement l'accès. Le petit coffre est bien aménagé.
Budget : 123/200
Notre Aston Martin 4 portes vaut 183.000 euros! C'est carrément le prix de la Bentley Continental Flying Spur (183.799 euros) et nettement plus que la Maserati Quattroporte GTS (136.759 euros), la Mercedes CLS 63 AMG (115.192 euros) ou la Porsche Panamera Turbo (138.666 euros). A ce tarif, la Rapide bénéficie d'un équipement de tout grand standing, les options ne consistant plus qu'en les écrans DVD à l'arrière, la ventilation des 4 sièges et toute une série d'alternatives «cosmétiques » aux appliques et teintes standards.
Conclusion : 742/1000
A l'exemple d'autres marques de très grand prestige versées dans le coupé sport (Porsche, Bentley, Maserati), Aston Martin ne peut plus ignorer la berline 4 portes. Ne seraitce que pour répondre aux attentes des nouveaux riches des pays émergents. En passe d'être largement majoritaire, cette clientèle cultive un goût (immodéré ?) pour la limousine. La Rapide en est une dans toute l'acception du terme. Même si les Occidentaux - longilignes ou trop corpulents - seront peu nombreux à trouver place à l'arrière. L'essentiel, c'est qu'ils l'achètent d'abord parce qu'elle magnifie la fibre élégante d'une véritable Aston Martin. Dans le look et l'allant. Dans l'esprit et la performance. Bien sûr, dans ce créneau, il y a moyen de trouver moins cher, plus puissant et rapide (si, si) mû par un moteur bien plus en adéquation avec la chape environnementaliste qui cerne nos existences.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1472 du 26 mai 2010.
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