Voilà enfin la première décapotable à 4 vraies places de la marque au trident ! Ça ne fait pas un pli, jamais une Maserati à toit souple n'a été aussi conviviale. Entre la Quattroporte et les 2 portes, l'évolution est à la sportive classieuse qui passe successivement par la trappe tous les ingrédients de la conduite spartiate, à commencer par les boîtes de vitesses manuelles. Place aux accélérations soyeuses et au confort ouateux. Ce revirement philosophique implique une prise de poids non négligeable : la GranCabrio pèse 1.980 kg, contre 1.720 kg pour le Spyder 2 places (2001) et... 1.335 kg pour le Spyder 2+2 de première génération dérivé de la Biturbo (1987). Dans l'intervalle, évidemment, le modèle s'est allongé de 4,06 m à 4,88 m en passant par 4,30 m. Entre ces 3 générations de cabriolet, on notera une incroyable constante, celle qui consiste à cultiver le classicisme à l'italienne au point d'apparaître intemporel. Ainsi, dessinée par Pininfarina, la GranCabrio aurait pu exister 20 ans plus tôt ou 10 ans plus tard. Sa ligne défie le temps.
Conduite : 163/200
Il y a du Ferrari sous le capot ! Et pour cause : la GranCabrio a droit au meilleur moteur du GranTurismo S, le plus fortement motorisé des coupés Maserati... par un V8 construit chez Ferrari, pardi! Un 4.7 litres que l'on retrouve dans l'Alfa 8C Competizione et que la marque au Trident utilise dans une version à peine assagie de 440 ch. Le cabriolet l'associe à la boîte automatique ZF 6HP28 dont la fluidité colle parfaitement à la philosophie de la conduite «plein air».
Sécurité : 153/200
Après la R-R Phantom Drophead (5,61 m) et la vénérable Bentley Azure (5,41 m), la GranCabrio (4,88 m) est le 3e plus long cabriolet 4 places de prestige. Son empattement impressionnant (2,94 m) joue en faveur d'une stabilité inconnue des Maserati d'antan, toutes plus râblées (Ghibli, Shamal, 3200 GT). Groupées en Maserati Stability Program, les aides à la conduite disposent d'un mode Sport plus tolérant question son (du V8) et dérive. Arceaux déclenchables et airbags de tête de rigueur.
Confort : 151/200
Réalisée par le spécialiste allemand Edscha, la capote s'ouvre ou se ferme en 28 s. L'opération peut se faire en roulant jusqu'à 30 km/h. De bons seuils d'isolations thermique et acoustique sont atteints. Seul le joint séparant les vitres latérales se montre trop peu hermétique, laissant l'air siffler à partir de 140 km/h (capote fermée). A amortisseurs pilotés, la suspension offre un bon compromis entre confort et sportivité. Petit coffre sans trappe et habitacle chiche en espaces de rangement.
Fonctionnalité : 132/200
Afin d'aménager 2 places arrière non seulement utilisables par des adultes, mais aussi confortables, les dossiers ont été conçus moins verticaux qu'à l'accoutumée dans un cabriolet: ils forment un angle de 26° (contre 28° au coupé GranTurismo). L'espace réservé aux jambes et aux genoux ne peut qu'être généreux compte tenu de la longueur exceptionnelle de l'empattement : 2,94 m tant pour la GranTurismo que la GranCabrio - c'est 20 cm de plus qu'une Bentley Continental GTC !
Budget : 126/200
Difficile de lui trouver des rivales sachant que les supercars décapotables proposant 4 vraies places sont rares. Ils ne sont que 27% parmi les cabrios ultraperformants, comparés aux 2+2 (45%) et aux strictes 2 places ou roadsters (28%). Vendue 136.205 euros, la GranCabrio peut se comparer à une BMW M6 Cabrio (126.250 euros) malgré la différence de puissance (507 ch contre 440) à l'avantage de l'allemande, qui attend sa remplaçante. La Bentley Continental GTC (560 ch) est trop chère (203.643 euros).
Conclusion : 725/1000
Construite à la main sur un empattement exceptionnel (2,94 m contre 2,74 m pour la Bentley Continental GTC et 2,78 m pour la BMW M6 Cabrio!), la Maserati Gran- Cabrio s'impose comme une offre unique dans la niche confidentielle des trois supercabrios à 4 vraies places. Rapportée à sa longueur, identique à celle de la BMW M6 (soit 8 cm de plus que la Bentley GTC), elle est bien la plus habitable des trois. Avec le charme des petites approximations à l'italienne et l'exubérance mécanique d'une bella macchina.
L'essai complet est disponible dans votre Moniteur automobile 1486 du 8 décembre 2010.
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